En République démocratique du Congo, la langue des signes utilisée par les sourds, muets et malentendants fait actuellement l’objet de travaux intenses d’experts, interprètes et enseignants venus de plusieurs provinces du pays. Convoqués à Kinshasa par le ministère du Handicap, ils doivent se réunir trente jours pour se mettre d’accord sur un dictionnaire des signes à utiliser afin qu’il y ait une approche uniforme dans tout le pays.
De notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
« Les enseignants sont là, tous sont des sourds. » La salle est étroite, une vingtaine d’experts prennent part à un débat houleux, Raphaël Masirika est l’un des rares qui parlent.
« Ici, nous sommes en train de faire un travail avec les sourds sur l’harmonisation de la langue des signes. Il y a plusieurs années que la langue s’est développée d’est en l’ouest. Il y avait des signes qu’on utilisait différemment », explique-t-il.
Certaines nuances sont de taille. « Par exemple, on vient de donner le signe de la surface. Chez nous, on dessine un S sur l’espace mais ici un S sur la paume. Voilà le nouveau signe que nous venons d’apprendre après un accord entre les interprètes de l’est et de l’ouest », témoigne Luc Zangu, enseignant venu de l’Ituri.
Aller au-delà de la coordination
« Il y a d’autres signes que nous-mêmes, les interprètes, nous inventons, mais eux ne comprennent pas, surtout dans la politique », précise Pauline Kande Kaboku, interprète à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC).
Pour le professeur Ronsard Kasanza, il faut aller au-delà de la coordination pour que cesse la stigmatisation d’une communauté qui a longtemps été marginalisée. « Nous espérons que ces travaux vont aboutir aussi à mettre en place le Conseil national des interprètes, de façon à ce que ces interprètes soient affectés dans des instances, dans des endroits et soient comme des personnes prises en charge par l’État », estime-t-il.
Selon certaines études, la RDC compte aujourd’hui plus de deux millions de personnes souffrant de déficiences auditives.
Source : RFI – 24 Aout 2021
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