Bienvenue dans le monde des sourds où la vie n’a rien d’un long fleuve tranquille.

Jean-Loup peut se dire J.E.A.N.-L.O.U.P. en langue des signes. Ce qui est un peu fastidieux et long. D’où l’idée des sourds de donner, souvent, « un prénom signe ».« On suit l’apparence physique de la personne, son comportement, ses qualités et on lui donne un prénom », explique Carole Fahrner, venue dans le cadre du centre d’information de la surdité, présenter un spectacle en langue des signes auprès des 270 écoliers d’Hubert-Monnais. Jean-Loup devient ainsi… loup, avec un geste décrivant un long museau. Pour Gwenaëlle, c’est son piercing dans le nez qui la caractérise et lui donne son nouveau prénom.
Comme apprendre
une langue étrangère sans s’entendre
Le temps d’une heure, les écoliers ont découvert cet univers, étranger à la plupart des entendants. « Jean-Loup est sourd : sa façon de parler à lui, c’est ses mains. Et moi, je lui traduis », précise Carole. « Les sourds communiquent de façon différente : certains ont appris à parler, d’autres ont acquis le langage des signes. Certains utilisent les deux techniques ».
Dans le cas de Jean-Loup Hervé, né sourd, il a appris à parler puis le langage des signes. « C’est difficile d’apprendre à parler quand on ne s’entend pas. Il a assimilé comment dire des sons… mais comme il ne s’entend pas, parfois il parle trop bas… ou trop fort ».
Carole tente alors une expérience avec les enfants : les faire lire sur ses lèvres. Essayer vous-même de faire la distinction, entre « il marche vite » (interprété par « il parle vite » par les enseignants…) et « il mange des frites ». La lecture labiale n’a rien d’un jeu d’enfant. Et n’est pas approprié pour les discussions en groupe. « Jean-Loup lit sur les lèvres en famille. Mais lorsque les gens parlent trop vite, sont nombreux, bougent la tête, il privilégie le langage des signes. Et au restaurant, il utilisera le stylo ou le mime pour communiquer plus facilement avec le serveur ».
Les enseignants présents hier réalisaient le travail impressionnant nécessaire pour apprendre à lire lorsque l’on souffre de ce handicap. « C’est comme si l’on s’initie à une langue étrangère sans s’entendre… D’où beaucoup d’illettrisme parmi les sourds », reconnaît Carole Fahrner.
Les acteurs de l’URAPEDA
Cette association, basée à Nancy, œuvre depuis vingt ans en faveur de l’intégration des personnes sourdes et malentendantes de l’école à l’emploi, via l’accompagnement social, professionnel et éducatif des personnes sourdes et malentendantes en langage française des signes, en langue parlée complétée… Créés en décembre, dans le cadre du centre d’information de la surdité, les deux contes bilingues joués pendant deux jours devant les jeunes Lunévillois, l’ont été par trois comédiens… amateurs : Jean-Loup Hervé est ainsi formateur en langue des signes, Carole Fahrner, coordinatrice formations LSF/LPC et Gwenaëlle Hawrosz, secrétaire accueil LSF. Contact : 03.83.37.31.75.
Source : http://www.estrepublicain.fr © 31 Mars 2010 à Nancy
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