Pour la première fois, la visite guidée de l’exposition « Hypnos » s’est faite en langagedes signes hier. Vingt-sept personnes ont assisté à la visite, menée par une malentendante.

Toutes les œuvres d’art étaient décryptées avec les mains.
Françoise est la présidente de l’association Trèfle à Arras, et est membre de Signes de sens. Elle est malentendante. Hier après-midi, elle a fait une visite guidée d’un peu plus d’une heure en langage des signes.
Elle a permis aux visiteurs malentendants de découvrir l’exposition Hypnos-Images et inconscients en Europe (1900-1945), qui se tient à l’Hospice Comtesse, dans le Vieux-Lille.
Une première
Ce n’est pas la première fois que le Musée d’art moderne prévoit des visites pour les malentendants. « Mais c’est la première fois qu’il n’y a qu’un guide qui s’exprime en langage des signes » explique Claudine Tomczak, l’organisatrice de l’événement. « Avant, il y avait un guide qui parlait et un interprète qui l’accompagnait en langue des signes, le groupe était mixte. » Françoise a donc été formée pendant trois heures par l’interprète du musée, pour tout savoir sur l’inconscient chez les artistes européens.
Parmi les visiteurs, trois étudiants en interprétariat. Eux sont entendants, mais ont appris le langage des signes. Ils ont déjà suivi plusieurs visites de ce type à Paris.
« On ne comprend pas tout parce que c’est un sujet compliqué », explique Julien, qui est venu pour s’exercer. Il souhaite devenir interprète en langue des signes. « De plus en plus, l’interprétariat dans le domaine de l’art se fait par des sourds, ce qui est une bonne chose.
Mais du coup, nous on travaillera plutôt dans la traduction de conférences ou de cours d’université. »
Des lieux adaptés
En termes de logistique, le musée ne nécessite pas d’aménagement particulier : Françoise monte sur une chaise pour être vue de tous et le tour est joué.
Mais la visite est plus longue. Les malentendants ne peuvent pas regarder en même temps la guide et l’oeuvre. Les arrêts sont donc longs dans chaque salle.
Dans cet espace parfois exigu, la circulation devient vite difficile.
« Il ne faut pas de matériel particulier mais les lieux ne sont pas toujours adaptés » constate Julien, « et les gens qui passent s’énervent vite. »
Source : http://www.nordeclair.fr © 06 Avril 2009 à Lille
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