Le portail d'information sur les sourds et langue des signes

Festival de Cornouaille. Avec Klew, du chansigne pour ressentir les rythmes bretons

Le spectacle Klew fait partie des découvertes artistiques que propose le Festival de Cornouaille, à Quimper (Finistère). Une création qui mêle musique, langue bretonne et langue des signes. C’était samedi 24 juillet 2021 au Novomax. Environ 80 personnes ont assisté au spectacle.

Le Festival de Cornouaille s’achève ce dimanche 25 juillet 2021, à Quimper (Finistère). Pendant quatre jours, l’événement a offert une programmation éclectique, avec des artistes comme Enrico Macias et Ibrahim Maalouf… Il invite aussi aux découvertes dans la petite salle de musiques actuelles du Novomax, où règne une ambiance intimiste. Samedi soir, ce lieu a permis aux festivaliers de découvrir le spectacle Klew.

Nolùen Le Buhé et Thumette Léon, signant le mot Klew. 

Ressentir

Klew. En breton ce mot signifie à la fois écouter, sentir, ressentir. Il est parfaitement adapté à la représentation proposée par les musiciennes Yuna Léon (violon) et Hélène Brunet (laoùd), la chanteuse Nolùen Le Buhé et la chansigneuse, Thumette Léon.

Cette dernière est sourde. Elle évolue dans le domaine artistique depuis une dizaine d’années. « Je suis un cocktail de musique, de danse et de surdité », s’amuse-t-elle.

Cela fait plus de deux ans que toutes les quatre travaillent à cette création. Nolùen Le Buhé a sélectionné un répertoire, basé sur l’univers « dit enfantin » et les contes, qu’elle chante en breton. Thumette Léon, elle, chansigne ces textes, pendant que les musiciennes « nous soutiennent, nous enveloppent et nous lient », explique Nolùen Le Buhé. Des éléments visuels, des esquisses, viennent compléter le tableau de ce spectacle.

Klew, une création qui mêle musique, langue bretonne et langue des signes. 

Une langue visuelle

« La langue des signes est visuelle. Et comme pour toutes les langues, des arts en découlent. La chorésigne utilise à la fois tous les signes et tout le corps, et la langue évolue ainsi vers la danse », explique Thumette Léon. Ce spectacle est aussi, pour elle, l’opportunité de « faire découvrir et partager aux personnes sourdes la culture bretonne, sa danse et sa musique ».

Issue d’une famille de musiciens, Thumette Léon a appris le rythme très tôt, notamment dans les festoù-noz. « Là, le rythme on le ressent par les vibrations du plancher. La danse bretonne est très régulière, elle est aussi très visuelle », explique l’artiste.

Klew, une création qui mêle musique, langue bretonne et langue des signes.

Chansigne et vusique

Du point de vue de Nolùen Le Buhé, le chansigne de Thumette Léon « donne vie et corps aux personnages que je chante ». Pour elle, Klew se veut être un spectacle que « l’on voit sans les yeux, l’on écoute sans les oreilles et que l’on chante avec le cœur ». Avec ce spectacle, les artistes veulent montrer que la musique ne fait pas que s’écouter : « Le chansigne permet de voir la musique. J’appelle ça la vusique », sourit Thumette Léon.

Pour Igor Gardes, directeur du Cornouaille, Klew est « une pépite, une autre expérience de la Bretagne.» Le festival, ce n’est pas seulement le triomphe des sonneurs. C’est aussi cette vibration qui vient de l’intérieur.

Source Ouest-France - 24 Juillet 2021
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.