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Hauts de Seine Habitat

Handicap : un livre pour Sarah et les autres enfants sourds

Virginie Certa a écrit un ouvrage racontant le parcours de sa fille Sarah, atteinte d’une surdité profonde bilatérale. Un livre témoignage sur ce handicap, mais aussi un message de gratitude envers ceux qui les ont accompagnés.

orsque Virginie et Jean-Paul Certa se sont rendu compte que l’évolution attendue de Sarah n’était pas au rendez-vous, ils s’en sont inquiétés dès ses premières semaines de vie. Sarah avait autour d’elle ses frères et sœurs qui faisaient du bruit mais sans que cela suscite une réaction de sa part.

Après plusieurs examens nécessitant de longs mois d’attente et d’incertitude, il a fallu se résoudre à l’évidence : Sarah était atteinte d’une surdité profonde bilatérale qui ne l’empêchait pas cependant d’être heureuse et de gazouiller comme les autres bébés.

S’en est suivie l’entame d’un long cheminement, toujours en cours, afin que Sarah puisse communiquer, parler, vivre sa vie de petite fille et de future femme.

C’est l’histoire de Sarah, de ses parents, sa famille et son environnement que Virginie sa maman a décidé d’écrire dans “Sarah tu m’entends”. Ce livre s’adresse à tous les enfants, et à tous les parents, qu’ils soient sourds ou entendants. Il raconte l’histoire de Sarah, petite fille née sourde.

“Des enfants comme les autres qui ont des besoins particuliers”

Au départ, le livre était destiné à remercier tous les professionnels qui ont accompagné les parents pour l’évolution de Sarah. Mais, à la suite de nombreuses sollicitations, la maman a décidé d’en étendre la diffusion, véritable partage de l’évolution de Sarah, de sa naissance à ses quatre ans, vers des parents confrontés à ce même handicap. Cet ouvrage permet aussi d’apporter des éléments de réflexion en direction de personnes en méconnaissance de ce handicap car n’y étant pas confrontés (parents d’élève, enfants des écoles). L’ouvrage rappelle que “ce sont des enfants comme les autres qui ont des besoins particuliers”.

Virginie Certa a donc décidé de faire un livre en autoédition, à la fois témoignage et message de gratitude. Il a été proposé à l’école de Trescléoux et à la maternelle de Lagrand les parents, enseignants et élèves y ayant très sensibles. 

Elle n’envisage pas pour l’instant une diffusion grand public. Ce serait peut être à l’association Urapeda (Union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs) de relayer.

Le livre de Virginie Certa “Sarah, tu m’entends ?” est consultable à la bibliothèque de Trescléoux. Renseignements au 04 92 66 22 01 et par mail à l’adresse : bibliotheque.t@orange.fr.

Un long cheminement

Ce handicap a affecté dans les premiers temps de sa vie l’évolution globale la petite fille. Il a nécessité la pratique d’orthophonie et de psychomotricité. Sarah n’a marché qu’à deux ans et demi et parlé qu’à trois ans et demi.

Les deux opérations pratiquées dans son cerveau (implants de diodes), notamment dans la zone dédiée à l’équilibre, ont eu pour but de juguler les effets immédiats et annexes de l’affection. Les trois premières années furent difficiles pour les parents, les effets attendus des diverses thérapies étant longs. À cet effet, ils ont pu compter sur l’appui des médecins et de l’association Urapeda (Union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs) des Hautes-Alpes dont le but est de proposer des solutions individualisées et de proximité pour les personnes sourdes ou malentendantes ou en situation de handicap.

Les parents reconnaissent avoir eu de la chance pour la mise en place des séances d’orthophonie de Sarah. En effet, une orthophoniste pratiquant la langue des signes est venue s’installer à Eyguians, ce qui les a vraiment soulagés évitant des déplacements à Gap.

Une dynamique solidaire

À l’école

Sarah est scolarisée, assistée d’une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH). Sarah a beaucoup évolué grâce à une dynamique solidaire locale. La maman indique : « Nous avons été soutenus et avons beaucoup apprécié la proposition faite par l’association des parents d’élèves “Les Ti gosses cool”, qui lors de l’entrée de Sarah en maternelle, a proposé à tous les parents des cours de langues des signes gratuitement ainisi qu’à tous les enfants qui le souhaitaient. Plusieurs séances ont été réalisées en ce sens avec d’autres enfants et parents des trois écoles. Nous sommes également ravis que deux enfants présents dans la classe de Sarah aujourd’hui aient des mamans qui parlent couramment la langue des signes et soient venues s’installer également à Garde-Colombe ».

À la maison

À souligner aussi, le rôle de la cellule familiale qui compte six enfants. Les aînés de Sarah ont pratiqué la langue des signes. Des échanges se font avec une famille de Laragne confrontée au même problème avec leur petit garçon. Les évolutions sont toutes différentes. Passé les attentes, les parents de Sarah ressentent maintenant un certain soulagement.

Source Le Dauphiné libéré - 10 Mai 2021
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