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Hauts de Seine Habitat

Un sourd-muet pédophile écope de cinq ans de prison

Le tribunal a jugé un homme de 78 ans pour agressions sexuelles. En récidive, ce sourd-muet, qui fréquentait les parcs de Strasbourg, a pratiqué des caresses indécentes à une fillette de onze ans. Il a été condamné à cinq ans de prison.

« J’ai toujours pensé que les personnes qui ont un handicap lourd, particulièrement de communication, ont une humanité plus importante que les autres », déclare Me Francis Metzger, avocat de la partie civile, avant d’ajouter qu’en l’occurrence il se trompait. Face à lui, Aloïse Hoerdt, 78 ans, observe l’interprète en langue des signes et ne manifeste pas d’émotions.

Il n’en montre pas plus lorsque le président Philippe Schneider lit le rapport de l’expert psychiatrique qui le décrit comme « pédophile séducteur immature et prédateur ». Ce n’est qu’au moment de la plaidoirie de Me Arnaud Dupuy, son conseil, qu’il craque : « Vous avez à juger un homme seul. Sa femme l’a quitté. Ses enfants l’ont quitté. Ses avocats l’ont quitté. Ce n’est pas un monstre. Il souffre aussi. » Alors, dans le box, il pleure.

Les faits remontent à la fin juin 2020. Une patrouille de police se trouve dans une aire de jeux proche du quai de la Tuilerie, dans le quartier de Neudorf, à Strasbourg. Ils aperçoivent le prévenu qui court derrière une fillette. Ils s’enquièrent de la situation et découvrent rapidement que l’homme a eu une relation inappropriée par trois fois avec cet enfant, parc de la Citadelle  : il lui a notamment imposé une pénétration digitale. Aloïse Hoerdt est de plus inscrit au fichier informatique des auteurs d’infractions sexuelles : il a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis mise à l’épreuve en 2015, pour agressions sexuelles sur les enfants de proches. Il explique rapidement aller dans des parcs pour voir des enfants et satisfaire ses pulsions. Le juge, à l’audience, lui demande de préciser. Sa réponse est sans nuance : « Je préfère les jeunes corps. »

Il n’en a pas toujours été ainsi. Il a commencé à développer cette perversion après son divorce. La psychologue qui l’a examiné estime qu’il a du mal à avoir une vie sentimentale à cause de son enfance difficile : une méningite à deux ans l’a rendu sourd, son père le frappait et sa mère est morte ébouillantée quand il avait onze ans. Aujourd’hui, il se dit mieux en prison car il n’a pas de tentations. Il ne montre aucun intérêt pour un suivi psychiatrique ou psychologique.

« Il n’a pas le moindre remords ou regret, dénonce le procureur, Gueorgi Varbanov. Ce n’est pas un petit prédateur. Il rôde autour des jardins d’enfants. » Il requiert une peine de six ans de prison. Me Dupuy demande moins de sévérité. « Il faut essayer le sursis probatoire avec obligation de soin. Il a encore un avenir même s’il est tout seul. »

Aloïse Hoerdt est condamné à cinq ans de prison. Il doit verser 7 500 € à sa petite victime, 1 500 € à sa mère.

Source L'Alsace - 4 Mai 2021
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