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Hauts de Seine Habitat

« Comment désigner Keroman en langue des signes ? »

L’équipe du sous-marin Flore, à Lorient (Morbihan), a testé une visite en LSF (Langue des signes françaises), au matin du vendredi 26 mars 2021. « Nous souhaitons développer ce fonctionnement en 2022 », annonce Mylène Huguet, responsable de la médiation.

Les doigts de Loïc Jacquemin effectuent des petites figures, rapides et précises, traçant dans l’air des semblants de lettres, épelant le nom de la base de sous-marins construite à Lorient (Morbihan) : K-E-R-O-M-A-N. Cet interprète de l’organisme Eïlan, basé à Brec’h, poursuit ses gestes, les poignets souples, et décrit à Michel et Aurélia, tous deux sourds, l’histoire du lieu et les spécificités de l’engin, cherchant à traduire des mots français rares et pointus ne trouvant pas forcément de signe correspondant.

En fin de matinée, vendredi 26 mars 2021, Loïc Jacquemin et sa collègue, Honorine Kernoa, accompagnent une tentative de visite inédite du sous-marin Flore en LSF (Langue des signes françaises). L’emploi du jargon relatif au navire submersible et à son environnement revient comme l’une des principales difficultés de l’exercice.

l’apprendrez aux visiteurs et cela évitera aux interprètes d’épeler à chaque fois. »

Ces propositions et enseignements intéressent fortement Mylène Huguet, responsable de la médiation au sous-marin Flore et les autres membres de l’équipe. L’animatrice de cette tentative de visite, portant un masque transparent permettant aux sourds de regarder ses lèvres et mimiques, ambitionne de développer ce dispositif l’année prochaine, en 2022.

« Nous nous inspirons des exemples d’autres lieux muséaux, comme le site mégalithique de Locmariquer (Morbihan) et le Château des ducs de Bretagne, à Nantes (Loire-Atlantique) », explique Mylène Huguet, désireuse d’ouvrir le sous-marin Flore à un public encore plus large.

Visite à la Cité de la Voile

À l’intérieur, l’obscurité du lieu complique le dialogue entre sourds et interprètes, les vidéos projetées sur les murs et les textes explicatifs rentrent en conflit avec les signes et l’ambiance sonore, marquée par des bruits de mer et de guerre, ne peut, par définition, être entendus par ces visiteurs.

Ces difficultés nourrissent la réflexion de cette cohorte de personnes. Pour poursuivre le travail commun, une visite de la Cité de la Voile Éric-Tabarly s’est tenue durant l’après-midi de ce même vendredi 26 mars 2021.

Fervent amateur d’histoire, Michel s’enthousiasme pour cette dynamique : « Les sourds n’ont pas beaucoup accès à la culture. Merci beaucoup d’organiser cette tentative de visite ! »

Lui et sa comparse, Aurélia, tous deux professeurs de LSF à Auray et Vannes, s’engouffrent dans la froideur du sous-marin. Résonnent alors leurs pas et leurs mains, claquant en signant.

Source Ouest-France - 29 Mars 2021
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