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Hauts de Seine Habitat

Des écoliers vont s’initier à la langue des signes française à Cabourg

Découvrir et apprendre la langue des signes, c’est l’initiative proposée par la Ville à ses écoliers.

Remise en lumière par les points presse quotidiens faisant état de l’évolution de la pandémie de Covid-19 durant le premier confinement, la langue des signes fait un retour en grâce. À la télévision notamment où pratiquement toutes les interventions officielles sont désormais « signées » par ces gestes de la main qui permettent aux sourds et malentendants de suivre en temps réel une conversation. « Depuis le premier confinement, le fait d’avoir un interprète en LSF [langue des signes française, Ndlr] a en effet beaucoup interpellé le public », confirme Sophie Guegan. Mais aussi dans la vie quotidienne où l’apprentissage a trouvé un net regain d’intérêt. « Nous sommes en effet de plus en plus sollicités dans le milieu scolaire et cela nous intéresse, car nous pensons qu’il est très important d’enseigner cette langue française dès le plus jeune âge », ajoute l’organisatrice des formations de l’association Visuel.

À Cabourg, en plus de la pratique du yoga ou encore de l’apprentissage de l’informatique, la municipalité a fait appel à cette association, présente à Caen, pour proposer cette année l’apprentissage de la langue des signes à ses écoliers. « Tout ce qui concourt à l’ouverture d’esprit nous semble intéressant à offrir à nos jeunes. L’idée n’est pas de répondre à un besoin, nous n’avons pas d’enfant scolarisé nécessitant un tel accompagnement. L’idée est plutôt d’encourager une pratique qui favorise l’inclusion sociale », explique la Ville.

Dès le début du mois de février, les élèves de CM2 qui le souhaitent pourront, sur le temps du midi, apprendre les bases de ce langage. Visuel et son programme Kidisigne offrent des enseignements adaptés aux enfants de 4 à 11 ans. « L’idée est de permettre aux enfants de découvrir cette langue, via des ateliers ludiques et pédagogiques autour du jeu. Avec, à la fin de l’année scolaire, une restitution du travail qui se fera via un chant signé, un conte signé, ou un montage vidéo. »

Les écoliers aussi à l’heure américaine

Éveiller l’intérêt de l’élève, le sensibiliser et le former aux bases de la langue des signes, c’est le double objectif de l’association. « Plus ce langage fait de signes et d’expressions du visage est enseigné jeune, plus les enfants comprennent et l’assimilent rapidement, constate encore Sophie Guegan qui, en plus de la pratique en entreprise, milite pour un enseignement à l’école dès le plus jeune âge. Aujourd’hui, nous travaillons avec l’université de Caen, une école primaire de Condé-sur-Noireau, un lycée de Caen qui propose la LSF en option au bac et maintenant Cabourg. »

Cette nouveauté s’ajoute à la pratique de l’anglais proposée depuis une dizaine d’années déjà sur le temps scolaire et périscolaire aux élèves, dès la maternelle. Depuis le 4 janvier, Madeline et Madeline, deux jeunes Américaines âgées respectivement de 23 et 22 ans, venues du Michigan et du Tennessee, ont rejoint le service éducation et jeunesse de la Ville de Cabourg. Jusqu’à la fin de leur contrat, en août prochain, les deux étudiantes en école de journalisme sont chargées en alternance de familiariser les élèves des écoles publiques à leur langue et à leur culture durant les temps périscolaires, et ce dès la maternelle. L’initiation à la langue anglaise, qui s’inscrit dans la cadre du projet éducatif de la Ville, était jusqu’alors assurée par une seule intervenante, venue elle aussi d’outre-Atlantique.

« Avec la crise sanitaire, les enfants passent quasiment autant de temps dans nos services qu’à l’école », note Sébastien Delanoë, adjoint au maire en charge des Affaires scolaires. Forte de ce constat, la Ville a tenu à étoffer le plus possible la palette des activités visant notamment à éveiller les écoliers et à favoriser leur ouverture vers les autres. « C’est un complément et un approfondissement de l’école avec un grand “E”, tout en s’adaptant aux dispositions de l’enfant », précise l’élu.

Les cours d’anglais qui devaient débuter à l’automne ont dû être décalés à ce début d’année, les deux jeunes femmes ayant été elles-mêmes, crise sanitaire oblige, bloquées aux États-Unis.

Source Paris-Normandie - 27 Janvier 2021
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