L’atelier langue des signes contraint au silence

L’atelier langue des signes, proposé à la MJC, a été stoppé dans son élan par le reconfinement. Une dizaine de personnes avaient débuté cet apprentissage, chaque mardi, en compagnie d’un formateur sourd et muet.

Peu prisé lors de son lancement, l’atelier langue des signes, proposé par la MJC de Douarnenez a connu, avant l’annonce du reconfinement, un engouement soudain. Nous avions rencontré ses pratiquants le 13 octobre dernier.

Chaque mardi soir, dans une salle, transformée en royaume du silence, une dizaine de personnes font face à Frédéric, quadragénaire sourd et muet. Sur son instruction, ils effectuent ensemble des gestes dont la signification peut sembler mystérieuse au premier abord. Pourtant, ils ont chacun leur sens.

« Une super rencontre »

Frédéric est en effet formateur en langue des signes, affilié à l’Urapeda. Il intervient à Douarnenez depuis quatre ans maintenant dans cet atelier d’apprentissage de la langue des signes. « Je travaille dans une école maternelle où je m’occupe de personnes en situation de handicap, d’où mon intérêt pour cet atelier », explique Elizabeth, une quarantaine d’années, au sein du groupe des apprenants.

Autour d’elle, se retrouvent essentiellement des femmes, d’âges divers. « J’ai rencontré des personnes sourdes l’été dernier, au cours d’un stage : une super rencontre. J’aimerais communiquer mieux avec elle », poursuit une jeune femme assise dans cette petite assemblée. Quant à Antoine, guide touristique à la Pointe du Raz, il a de plus en plus affaire avec un public sourd ou malentendant. « Parler dans le vent, avec les distances sociales en plus cet été, ce n’est pas très pratique », sourit-il.

Port du masque impossible

Ce dernier, dont la formation est financée par le Département, affirme être entré dans « un autre monde » en découvrant les bases de la langue des signes. « On doit d’abord décrire la chose avant de parler de soi. On doit toujours regarder les doigts, c’est très très visuel. Et il faut aussi que notre visage exprime ce que l’on veut faire ressentir ». De fait, impossible pour les apprenants et pour leur formateur de porter un masque au cours des séances.

Une particularité qui ne semble avoir effrayé personne cette année : menacé de disparition les années précédentes en raison de la faible affluence, les cours de cette année affichaient complets…

Contact

MJC, 11 bvd Camille-Réaud ; tél. 02 98 92 10 07 ; site web : http://www.mjc-dz.org/

Source Le Télégramme - 20 Octobre 2020
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