Dans la famille Le Bigaut, trois générations de champions

Cette année plus encore qu’à l’habitude, Noël est le symbole de l’unité familiale. Avec ses valeurs d’amour, de partage et de transmission. C’est l’occasion de vous présenter des familles qui se sont transmises la passion du sport en héritage. À l’image d’Émile, Pierre et Antoine Le Bigaut, de Guémené. Des champions de père en fils (*).

Son fils Pierre a suivi sa route en devenant à son tour cycliste professionnel de 1982 à 1987. Avec un sacré palmarès : entre autres vainqueur de deux étapes du Tour de France 1983, champion de France junior du contre-la-montre par équipe, champion de France militaire. Son nom est même devenu une institution après qu’il l’ait donné à la course caritative contre la mucoviscidose à Callac. Antoine, le petit-fils, ferme la boucle. Même si ce n’est pas sur un vélo, mais dans le football que le garçon de 20 ans s’épanouit. Joueur du Stade Pontivyen, du Club des sourds de Nantes et de l’équipe de France des sourds, avec laquelle il espère participer aux Jeux Olympiques Handisport fin 2021.

Pas le droit aux écarts

De père en fils, l’amour du sport a toujours primé. Pour Pierre Le Bigaut, la préférence allait au football. « J’ai joué de 8 à 16 ans au Stade Guémenois. Sélectionné cadet de l’Ouest, je devais rejoindre le sport étude de Rennes mais mon père a planqué le dossier d’inscription. Il ne me l’a avoué que 20 ans après. Qui sait ce qu’aurait donné la suite ? » se remémore avec tendresse celui qui est monté pour la première fois sur un vélo à 16 ans et a aussitôt cartonné. « Au début, mes victoires, c’était uniquement pour faire plaisir à mon père. Mais moi qui adorais faire la fête avec les copains, je pleurais de ne pas pouvoir sortir le samedi soir. Au football, tu peux te le permettre, sur le vélo, tu paies cash un écart », se rappelle celui qui, en souvenir de cet épisode, a toujours laissé son fils faire ses choix. Car au-delà des buts et performances, le sport pour Antoine a été la reconnaissance d’une intégration réussie.

« Heureux d’être son fils »

« Sa surdité a été diagnostiquée quand il avait 2 ans. Avec Mado, sa maman, on a cherché tous les bons outils lui permettant d’avancer. J’ai arrêté de travailler un an pour bosser sur le dossier. Il avait une tête bien faite. Tous ces efforts lui ont permis d’évoluer très rapidement. Et de devenir parfaitement intégré. Tant d’étapes gagnées face au handicap. Dans le domaine scolaire comme sportif ». Si Antoine avoue « en dehors du foot, j’aime aussi le cross et j’ai gagné pas mal de courses. Vers 17-18 ans, j’en avais un peu marre que sur les podiums on précise que j’étais le fils de PLB. Même si j’ai toujours été très heureux d’être son fils ».

Les deux sont sur la même longueur d’onde. « Qu’importe l’outil, un vélo ou un ballon. Ce qui compte, c’est le résultat et la gagne. C’est ce qui régit notre vie. Que ce soit dans la compétition ou dans nos combats plus personnels ». Et le papa d’évoquer un récent article dans nos colonnes qui a fait sa fierté. « Annoncer sa sélection en Équipe de France des sourds, s’autoriser à mettre en gros titre dans Le Télégramme « je suis sourd » alors qu’il y a peu de temps encore Antoine ne voulait surtout pas en parler. C’est une magnifique démonstration de son niveau de confiance. S’il était sélectionné pour les JO, ça serait l’un de mes plus grands bonheurs. Il me mettrait la leçon ! Moi qui n’aie jamais pu y participer », conclut Pierre Le Bigaut, les yeux brillants.

(*) Ce premier article ouvre une série de cinq. Demain, la famille Pasquier, de Noyal-Pontivy, et sa passion pour le basket.

Source Le Télégramme - 20 Décembre 2020
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