Grâce à ce plasticien, les enfants sourds pourront lire le Petit Chaperon Rouge à Noël

Le plasticien Jean-Marie Flageul finalise un album jeunesse qui mêlera images, langue des signes et texte. Quoi de mieux qu’un classique, Le Petit Chaperon Rouge, pour éveiller l’imaginaire des enfants sourds ?

Comme nombre de papas, Jean-Marie Flageul, 41 ans, a lu des histoires à ses enfants dans leur lit le soir, bordés, les sens en éveil.  L’intérêt est triple, tu leur apprends à lire, tu leur donnes envie de lire des livres et tu développes un imaginaire extraordinaire , s’enthousiasme-t-il.

Ses deux enfants sont entendants. Un livre jeunesse comme Boubou au marché, ils le connaissent par cœur. Ils peuvent en réciter chaque passage les yeux fermés. Mais qu’en est-il des enfants sourds ? La question n’a jamais effleuré le plasticien.

Jusqu’au printemps 2019, date à laquelle la psychologue clinicienne Honorine Plesse lui propose de travailler sur un livre jeunesse à destination de ce public bien spécifique.  J’interviens pour des établissements spécialisés auprès d’enfants et d’adolescents sourds, relate cette dernière. Je me suis rendu compte que certains d’entre eux n’avaient pas forcément été baignés dans la culture populaire par le conte. Ce n’est pas simple pour eux d’accéder à la lecture. 

Faire le lien entre l’image, le signe et le mot

Il s’agit de rectifier le tir. D’autant qu’il n’existe pas de contes à destination des enfants sourds. Ce sera Le Petit Chaperon Rouge, un classique, une bonne porte d’entrée dans le monde foisonnant de la littérature jeunesse.

Pour mener à bien ce projet, l’équipe s’étoffe de Corrine Bily, une formatrice en langue des signes souffrant de surdité. À elle d’imaginer le signe « chaperon », par exemple, qui n’existe pas dans le dictionnaire de la langue des signes.

 L’intérêt, c’est que l’enfant fasse la relation entre l’image, le signe et le mot  , explique Jean-Marie Flageul. Pour cela, le plasticien a revisité les standards de langue des signes, pour en dessiner de plus esthétiques et surtout de plus vivants. Dans ce livre, le « loup », par exemple, est représenté par un dessin, un signe en mouvement (la forme du museau) et le mot écrit noir sur blanc.

Le plaisir de toucher des livres

Pour Honorine Plesse,  l’intérêt, c’est le partage, que les parents, les grands-parents, les frères et sœurs, se servent de ce support d’échange. L’enfant va ouvrir son imaginaire, ça va l’aider à résoudre ses conflits intérieurs, et puis il va goûter au plaisir de toucher des livres. » « Cette version légèrement remaniée du Chaperon Rouge est tout à fait adaptée aux entendants , ajoute Jean-Marie Flageul.

L’ouvrage,  quasiment terminé  sera imprimé à 1 000 exemplaires par l’association La Maison à Vannes (Morbihan), et disponible pour Noël. L’équipe espère avoir un maximum de précommandes en ligne pour rentrer dans leurs frais. Le Petit Chaperon Rouge sera ensuite disponible dans les bonnes librairies bretonnes.

Pour le précommander ça se passe ici : helloasso.com/associations/association-la-maison/collectes/le-petit-chaperon-rouge.

Source Ouest-France - 19 Novembre 2020
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