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Meurtre de Caroline Pirson : les déclarations à géométrie variable de l’accusé

À la veille du verdict, Gérald Prison a donné sa version de sa relation avec Caroline, dans les jours qui ont précédé sa mort, le 30 décembre 2016, rue Boileau, à Saint-Quentin. Pas toujours convaincant…

Le quatrième jour du procès, le dernier avant plaidoiries, réquisitions et verdict, ne fut pas le plus favorable à Gérald Descamps. Les questions de la partie civile et du ministère public laissent entrevoir ce que sera la tactique de l’accusation, ce mercredi 18 novembre : dépeindre l’accusé en lapin des neiges, roux l’été, blanc l’hiver, qui s’adapte à son environnement dans le seul but de sauver sa peau. En face, Mes Jean et Beaurain devront prouver que ce procès est le fruit d’une instruction exclusivement à charge.

Un lapin des neiges ?

« J’ai connu Caroline à l’école des sourds d’Arras », entame Descamps, hier à 11 heures. Ils se perdent de vue jusqu’en 1995, date à laquelle ils ont « un ou deux rapports sexuels ». Puis plus rien jusqu’en « août ou septembre 2016 », quand elle l’invite à boire un café. Mi-novembre, il la croise en ville. Le 12 décembre, il la voit dans son quartier, elle lui propose encore un café. « En allant à la cuisine, elle a fait tomber son sac à main qui s’est répandu au sol. Je l’ai aidée à ramasser et j’ai pris sa carte bancaire parce qu’elle était différente de la mienne. Elle était en relief, avec des dessins, alors que moi, elle était lisse. »

Le 29 décembre, il trouve un mot de Caroline dans sa boîte aux lettres qui l’invite à venir chez elle. « Elle m’a dit qu’elle voulait quitter son petit ami. Elle m’a chauffé. On a fait l’amour en levrette, sans préservatif. J’ai fumé une cigarette. Elle voulait recommencer. Elle était comme un petit chien, j’ai vu le sperme couler sur son plaid. Moi j’ai dit non. » Le 30 décembre – jour où Caroline est tuée de seize coups d’un objet tranchant – il aurait passé l’essentiel de la journée au bistro à s’adonner à sa passion de jeux de hasard (raison de son placement sous curatelle). Un peu ivre, il se serait endormi à 18 h 30. Est-il ressorti le soir, à l’heure du crime ? « Je ne crois pas… Je ne sais plus… » Ce flou, qui succède à une orgie de détails, laisse songeur. Quitte à passer pour Machiavel, il aurait pu se bricoler un meilleur alibi…

Justifier la présence de l’ADN

Le problème de Descamps, c’est qu’il n’a pas conté cette histoire d’une traite dès sa garde à vue. Loin de là ! Les épisodes sont arrivés les uns après les autres, façon feuilleton. Le sperme sur le plaid, c’est la réponse à son ADN retrouvé sur la couverture. Le sac qui se renverse, c’est la justification de son empreinte génétique sur l’objet qui a servi à tirer du liquide à quatre reprises, après la mort de Caroline.

Même à l’audience, ça continue. L’avocate générale lui rappelle que son ADN était sur une cuillère. « Ah oui ! On a bu un café entre deux rapports sexuels », se souvient-il. « Mais vous venez de dire que vous ne l’avez fait qu’une fois ! » s’étrangle la magistrate. « Non, deux fois », affirme-t-il. « Quand dites-vous la vérité ? » se désespère Me Laurent, partie civile.

Ce mercredi soir, il n’en restera qu’une, et ce sera une vérité judiciaire.

Source Le Courrier picard - 17 Novembre 2020
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