Avec la langue des signes, ils découvrent « un autre monde »

Chaque mardi soir, à la MJC, une dizaine de personnes apprend la langue des signes en compagnie d’un formateur sourd et muet. Peu prisé jusqu’alors, l’atelier a suscité un soudain engouement cette année.

Alors qu’une forte musique retentit au rez-de-chaussée de la MJC de Douarnenez, l’ambiance change soudainement en grimpant d’un étage. Dans une salle, transformée chaque mardi soir en royaume du silence, une dizaine de personnes fait face à Frédéric, quadragénaire sourd et muet. Sur son instruction, ils effectuent ensemble des gestes dont la signification peut sembler mystérieuse au premier abord. Pourtant, ils ont chacun leur sens.

« Une super rencontre »

Frédéric est en effet formateur en langue des signes, affilié à l’Urapeda. Il intervient à Douarnenez depuis quatre ans maintenant dans cet atelier d’apprentissage de la langue des signes. « Je travaille dans une école maternelle où je m’occupe de personnes en situation de handicap, d’où mon intérêt pour cet atelier », explique Elizabeth, une quarantaine d’années, au sein du groupe des apprenants.

Autour d’elle, se retrouvent essentiellement des femmes, d’âges variés. « J’ai rencontré des personnes sourdes l’été dernier, au cours d’un stage : une super rencontre. J’aimerais communiquer mieux avec elle », poursuit une jeune femme assise dans cette petite assemblée. Quant à Antoine, guide touristique à la Pointe du Raz, il a de plus en plus affaire avec un public sourd ou malentendant. « Parler dans le vent, avec les distances sociales en plus cet été, ce n’est pas très pratique », sourit-il.

Port du masque impossible

Ce dernier, dont la formation est financée par le Département, affirme être entré dans « un autre monde » en découvrant les bases de la langue des signes. « On doit d’abord décrire la chose avant de parler de soi. On doit toujours regarder les doigts, c’est très très visuel. Et il faut aussi que notre visage exprime ce que l’on veut faire ressentir ». De fait, impossible pour les apprenants et pour leur formateur de porter un masque au cours des séances.

Une particularité qui ne semble avoir effrayé personne cette année : menacé de disparition les années précédentes en raison de la faible affluence, les cours de cette année affichent complets. Et ont même nécessité l’ouverture d’une liste d’attente.

Contact : MJC, 11 bvd Camille-Réaud ; tél. 02 98 92 10 07 ; site web : http://www.mjc-dz.org/

Source Le Télégramme - 26 Octobre 2020
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