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Hauts de Seine Habitat

Elle parle la langue des signes, mais pas seulement

Depuis plusieurs années, Caroline Jollivet fait partie du centre communal d’action sociale, où elle représente les personnes en situation de handicap. Rencontre.

Caroline Jollivet, membre du centre communal d’action sociale bégrollais, désignée en sa qualité de spécialiste du monde du handicap.

Quelle est votre profession ?

En réalité, j’ai deux activités. Depuis 2008, je suis conseillère en insertion professionnelle, dans un institut médico-éducatif (IME), à Cholet. J’encadre de jeunes déficients intellectuels, légers, moyens et profonds.

Mais je suis aussi formatrice en langue des signes depuis 2001. Je donne des cours du soir à la fac de Cholet, quelques heures par semaine. Mon public est divers : des parents, mais aussi des jeunes qui s’orientent vers le social, des écoles d’éducateurs ou encore des écoles d’infirmiers.

Avant, pendant douze ans, j’ai travaillé pour l’Institut municipal des langues de Cholet, qui est fermé depuis plusieurs années. J’ai aussi fait partie du centre Charlotte-Blouin, à Angers : j’enseignais alors le langage des signes dans des entreprises.

Votre parcours montre une volonté de toujours travailler pour aider l’autre en difficulté…

C’est vrai. Et avant 2008, après avoir travaillé dans une agence classique, je travaillais dans une agence intérim d’insertion. J’avais en charge des personnes en difficulté, des jeunes de quartiers difficiles, des gens sans emploi à insérer dans le milieu professionnel. Oui, petit à petit, je me suis tournée vers un public fragilisé.

C’est la carrière que vous aviez imaginée ?

Étant jeune, je voulais être éducatrice spécialisée pour sourds-muets. Ma profession actuelle, à l’IME, consiste à trouver des stages dans des entreprises pour les jeunes déficients.

Les jeunes, de 14 à 20 ans, voire plus, testent au préalable différents ateliers à l’institut : câblage, confection, menuiserie, lingerie, etc. On compte douze ateliers au total. Soit les jeunes réussissent à s’intégrer dans un milieu ordinaire, soit dans un Esat (établissement et service d’aide par le travail), milieu professionnel protégé.

Qu’est-ce qui a orienté ainsi votre parcours ?

C’est mon histoire familiale : j’ai deux frères sourds-muets. Pourtant, quand j’étais jeune, pour moi, c’était difficile, car la vie de famille était totalement organisée autour du monde sourd : tous les week-ends, association de sourds, suivi à Nantes, etc. Je devais m’occuper de mes frères, c’était lourd…

D’ailleurs, j’étais contente de partir de la maison. Mais, en même temps, je culpabilisais. Heureusement, mes frères sont désormais indépendants. Mais je veille toujours sur eux…

Contact : Caroline Jollivet, au 06 26 79 52 84

Source Ouest-France - 5 Aout 2020
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