La main des sourds

Sourde, Sarah a besoin d’aide pour ses études d’infirmière

Une traduction des cours en langue des signes est nécessaire pour que la jeune fille poursuive son cursus. Mais cela coûte très cher, environ 30 000 € par année. Ses amis ont lancé une cagnotte.

Sarah est une jeune fille de 20 ans, fluette et discrète. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cette élève infirmière en première année, à Alençon, est une battante. Bien qu’elle soit sourde depuis sa naissance, elle ne baisse pas les bras et veut réaliser son rêve d’enfance de prodiguer des soins.

L’étudiante peut lire sur les lèvres, elle n’a d’ailleurs intégré une classe pour malentendants qu’à l’âge de 8 ans. Elle y a appris la langue des signes, seule, et réussi sa scolarité jusqu’à l’obtention de son bac ST2S. Après deux années de prépa, elle est entrée en septembre à l’IRFSS (Institut régional de formation), antenne de la Croix-Rouge.

Un coût de 30 000 € par an

Son plus grand handicap, c’est la complexité de certains cours, avec un vocabulaire scientifique difficile à capter. Son plus grand atout, ce sont ses camarades de promo qui veulent tout faire « pour qu’elle ait les mêmes chances de réussite que nous ».

Ils viennent de lancer une collecte Leetchi afin de payer un interprète en langue des signes. Sarah a déjà reçu une aide pour 220 heures, mais ce n’est pas suffisant. « Il en faudrait 720. Cela représente un coût de 30 000 € par année, sachant que les études durent trois ans », expliquent Jade et Kenny, ses amis qui coordonnent l’action Les Blouses silencieuses, partagée sur les réseaux sociaux.

Le but est de financer 30 % des cours. Pour le reste, les étudiants vont s’organiser pour se placer tour à tour à côté d’elle et prendre note de toutes les interactions entre les élèves et les professeurs. « Un travail que nous ferons selon les compétences des uns et des autres dans la matière », précise Kenny. Jade, quant à elle, a des notions de langue des signes. « J’essaie d’expliquer les travaux pratiques, mais je vois bien que mes trois années en option au lycée ne suffisent pas », s’excuse-t-elle.

Des actions pour collecter des dons

L’équipe enseignante est à 100 % avec eux. « Durant les cours magistraux, les profs se reculent et enlèvent leur masque pour que Sarah essaie de lire sur leurs lèvres », raconte Kenny. Mais le Covid-19 et le port du masque obligatoire empêchent la lecture labiale en petits groupes.

Toute la promo est mobilisée. « Nous allons faire des actions pour récolter des dons. Faire les paquets dans les magasins à Noël, organiser des tombolas, des ventes de gâteaux », énumère Kenny. Les autres étudiants d’Alençon sont également sur le coup. « Nous avons tous des colocataires scolarisés dans les autres établissements supérieurs de la ville. Ils font passer l’information et réfléchissent à mettre sur pied des événements. »

Sarah est très touchée de cet élan de solidarité. « Je ne pensais pas que mes amis feraient cela pour moi. On ne l’a jamais fait auparavant », sourit-elle. Pour la première fois, ce sont les entendants qui s’adaptent à elle et non elle qui s’adapte à eux.

Pour aider Sarah, www.leetchi.com/c/les-blouses-silencieuses. Renseignements par mail à blousessilencieuses@gmail.com ou au 06 23 53 03 77.

Source Ouest-France - 27 Octobre 2020

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