La main des sourds

Arnaque : un faux sourd récolte des dons pour une association

Depuis quelques jours au Creusot, un individu demande des dons pour une association en se faisant passer pour sourd. Une habitante, membre d’une association visant à faire connaître la langue des sourds, dénonce l’émergence de cette nouvelle arnaque.

«Lorsque je lui ai parlé en langue des signes, il n’a pas su répondre. Il a compris qu’il était pris », déplore Marjorie*. Jeudi dernier, sur le parking d’Intermarché au Creusot, un homme récoltait des dons pour des associations de sourds. Marjorie, qui parle la langue des signes, s’est alors approchée de lui pour entamer une conversation. En vain : l’homme, qui ne maitrisait pas la langue, est parti après l’avoir insultée.

« Il salit l’image de personnes sourdes »

De quoi provoquer la colère de la jeune femme : « Il tend un document sur lequel on peut voir trois logos d’association, j’en ai reconnu un qui concerne les sourds. Les gens doivent y inscrire leur nom et prénom et donner de l’argent. » À la suite de cet échange, Marjorie a appelé la police, qui est arrivée dix minutes après. Mais trop tard. L’homme avait déjà tourné les talons. « Il salit l’image de personnes sourdes et se sert du handicap pour arnaquer les gens. C’est un phénomène qu’on voit beaucoup dans les grandes villes mais je n’avais jamais vu ça au Creusot », martèle la jeune femme. Le même individu a été aperçu sur le parking du Centrakor. Selon le commandant Thibaudin, la police municipale est bien intervenue mais l’individu s’était déjà enfui. « C’est la première fois qu’on voit ce genre d’arnaques au Creusot », souligne-t-il.

Des faux sourds ont déjà frappé à Louhans il y a quelques jours

Jeudi 23 juillet, vers 11 h 45 à Louhans, trois personnes ont été appréhendées par les policiers municipaux de la ville : elles se faisaient passer pour une association venant en aide aux sourds et muets et tentaient ainsi de soutirer de l’argent aux passants sous les arcades. Deux commerçants ont alerté les policiers qui sont très rapidement intervenus. Preuve qu’elles n’étaient pas sourdes, ni muettes, elles ont insulté une commerçante qui leur demandait de partir… Les trois personnes, originaires des pays de l’Est étaient âgées de la vingtaine. Trois victimes étaient à déplorer, mais à qui l’argent a rapidement été rendu. Après les avoir appréhendées, la police municipale les a remis aux gendarmes, qui ont procédé à leurs contrôles (leurs papiers étaient en règle) et qui leur ont intimé de quitter les lieux. Ce n’est pas la première fois que la ville est visée par ce genre de pratique : à l’été 2019, un cas similaire s’était produit.

Ce que dit la loi

➤ Escroquerie : selon le Code pénal, l’escroquerie est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende.

➤ Exploitation de la mendicité : dans les plus grandes villes, ce sont parfois des enfants qui alpaguent des passants pour faire signer une pétition et récupérer de l’argent. C’est puni de trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 45 000 euros.

➤ Lorsqu’une vraie organisation récolte des fonds dans la rue, elle est strictement réglementée et soumise à autorisation préalable.

Source Le Journal de Saône-et-Loire - 5 Août 2020

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