La main des sourds

SIGNES à L’ŒIL – Le Sort de Circé – Juliette – Chansigne

SIGNES à L’ŒIL présente “Le Sort de Circé” de Juliette, interprétée en Langue des Signes Française par Célia Chauviere.

©Compagnie des Corps Bruts – 2020

Paroles de “Le Sort de Circé” :

Du temps que j’étais belle et bien un peu puérile
Je transformais les hommes en animaux.
Ô combien de marins
Ô combien d’imbéciles
J’ai changé en pourceaux.
J’avais de la malice
Jetant mes maléfices
Aux compagnons d’Ulysse.
Mon nom vous parle encore de légendes anciennes
On m’appelle Circé et je suis magicienne.

Mutatis mutandis
Ici je veux un groin,
Un jambon pour la cuisse,
Et qu’il te pousse aux reins
Un curieux appendice.
Mutatis mutandis
Maintenant je t’impose
La couleur d’une rose
De la tête au coccyx
Mutatis mutandis

Si tant est qu’il est vrai que tout dans le cochon
Peut nous paraître bon, dans l’homme, non.
Je n’ai fait que donner la forme qui convient
À ces jolis nourrains.
Prisonniers de mes bauges
De mon œil qui les jauge
De ma main qui remplit l’auge.
Pataugeant dans la boue, pauvres petits humains
Seriez-vous plus sereins, esprits sains ou porcins?

Mutatis mutandis
Ici je veux un groin,
Un jambon pour la cuisse,
Et qu’il te pousse aux reins
Un curieux appendice
Mutatis mutandis
Maintenant je t’impose
La couleur d’une rose
De la tête au coccyx
Mutatis mutandis

Mais le temps a passé et j’ai jeté mes dopes
Mes poudres, mes potions, mes sortilèges.
Il y a longtemps qu’Ulysse a rejoint Pénélope
Entre autres sacrilèges…
Je vais de port en port (de porc en porc)
Voir si je trouve encore
Un homme dans chaque porc (un homme dans chaque port)
Constatant que personne, dans ce monde en déglingue
Ne met plus de magie au fond de sa seringue
Quand ce n’est qu’en gorets
Que je les transformais
Les voici désormais,
Enivrés par le fric, le pouvoir, les combines
Changés en charognards, en vautours, en vermine

Mutatis mutandis
Ici, je veux des dents,
Que ton poil se hérisse
Qu’il coule dans ton sang
La fureur et le vice
Mutatis mutandis
Que brûlent dans ton cœur
La haine et l’avarice,
Et prend du prédateur
La sinistre pelisse !
Sois aveugle et sois sourd
Et mène au sacrifice
La pitié et l’amour
Mutatis mutandis.

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