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Métropole lilloise: sourd, Anthony Losfeld se sent mis de côté à cause du masque

Depuis que le masque s’impose dans les lieux publics, le quotidien d’Anthony Losfeld, sourd, est compliqué puisqu’il n’a aucun moyen de lire sur les lèvres des commerçants et a du mal à se faire comprendre.

Cela fait des mois que, pour Anthony Losfeld, le quotidien est devenu difficile. Sourd de naissance, il a appris la langue des signes mais sait aussi parler, au prix d’un long travail. Cependant, depuis que le Covid-19 s’est déclaré et que les masques ont été adoptés, ses repères sont bouleversés : il ne peut plus lire sur les lèvres et n’arrive pas à se faire comprendre. « J’ai senti que le gouvernement nous avait oubliés », regrette-t-il.

Impossible de se faire comprendre

Ce sentiment a été renforcé par les récentes prises de parole de membres du gouvernement au sujet de la crise sanitaire, de moins en moins sous-titrées ou doublées en langage des signes. « Il y a actuellement environ 300 000 sourds en France. Au début du confinement, il y avait du sous-titrage et un interprète. À partir de juin, ça a commencé à diminuer. »

Aujourd’hui, Anthony Losfeld est aussi en colère. Il a le sentiment que, dans les magasins, personne ne fait d’effort pour le comprendre et l’aider. « Les employés ont souvent un masque. Je leur demande de le baisser un peu mais ils refusent, alors je laisse tomber. Ça m’est arrivé dans un commerce de montres : il y avait une vitre en plexiglas, une visière et un masque. » Impossible, dès lors, de se faire comprendre.

« Le port du masque est un énorme blocage pour moi »

Pour lui, « le souci, c’est que personne ne connaît la culture des sourds ». Avant le Covid-19, les commerçants apprenaient à appréhender la surdité, mais « depuis le port du masque, c’est un énorme blocage pour moi et pour les autres sourds ». Anthony Losfeld explique également : « Quand les médecins ou autres ont un masque et ne veulent pas l’enlever, on doit payer de notre poche un interprète. »

Cet habitant de la métropole lilloise souhaite avant tout que les commerçants apprennent les bases de la langue des signes, qu’ils sachent dire « oui », « non », « il n’y en a plus », ou annoncer un prix. Et même comme ça, le masque est dérangeant : « J’ai un collège sourd et quand on parle en langue des signes on baisse aussi le masque car les expressions du visage sont importantes. » Avec ce cri du cœur, Anthony Losfeld espère mettre en lumière la situation invisible des sourds.

Source la voix du nord - 1 Août 2020
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