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Meaux s’équipe de masques transparents pour permettre aux sourds de lire sur les lèvres

Deux associations locales viennent de livrer un premier lot de 70 masques à la municipalité. Fabriqués localement, ils équiperont les employés municipaux d’un service dont un agent est atteint de surdité.

Plus de 400 masques s’entassent dans des cagettes entreposées dans l’atelier de couture. Une chose les différencie de ceux proposés au grand public : ils sont transparents et permettent de lire sur les lèvres. Les associations Signes et paroles et Germinale sont à l’origine de ce modèle. Le 17 juillet, elles ont offert un premier lot de 70 masques à la mairie de Meaux.

Une livraison qui intervient alors que le port du masque est généralisé depuis ce lundi dans tous les lieux publics clos. « Quand on a dit que le port du masque serait obligatoire en intérieur, c’était la panique dans les réseaux de sourds », assure Thi-My Gosselin, présidente de l’association Signes et paroles.

Selon les estimations, la France compte entre 300 000 et 400 000 personnes en France — entre 3700 et 5000 en Seine-et-Marne — souffrant de troubles importants de l’audition… mais seulement quelque 400 interprètes en langue des signes françaises (LSF). Il en faudrait huit fois plus pour répondre aux besoins.

« Il faudrait que la population connaisse les bases de la LSF, ce qui pourra vraiment nous rassurer… », estime la Fédération nationale des sourds de France. En attendant, de nombreuses personnes sourdes se rabattent donc sur la lecture labiale au quotidien. Une solution dont ils sont privés avec la généralisation du port du masque.

Un patient refuse d’aller à l’hôpital car la lecture labiale y est impossible

L’idée des masques transparents est venue à Thi-My Gosselin durant le confinement. Un jour, la mairie de Meaux fait appel à elle pour aider un couple atteint de surdité, dont l’un des membres est probablement atteint de la Covid-19.

« L’homme était allongé sur le canapé et sa femme était en panique, raconte Thi-My Gosselin, élue depuis conseillère municipale sur la liste du maire Jean-François Copé (LR). Je pouvais communiquer en langue des signes mais elle n’était pas rassurée. Elle me demandait d’enlever mon masque, mais je ne pouvais pas. »

Thi-My Gosselin portant un prototype du masque qu’elle a créé),préside l’association meldoise Signes et Paroles.

L’homme refuse même de partir seul à l’hôpital sans interprète en langues des signes. C’est à ce moment-là qu’elle se rend compte que les masques classiques ne sont pas adaptés.

Plus tard, lorsqu’elle part aider d’autres personnes sourdes, elle se fabrique son propre masque transparent. « Ça les a fait rire, mais ils m’ont demandé où est-ce qu’ils pouvaient en acheter, raconte la présidente de Signes et paroles. J’ai donc commencé à me pencher sur le sujet. »

Du matériel aujourd’hui gratuit… bientôt commercialisé ?

Thi-My Gosselin développe alors plusieurs prototypes et se rapproche d’une autre association meldoise pour les fabriquer à plus grande échelle.

« Je ne pensais pas qu’elle avait autant travaillé », plaisante Bruno Buffière, le président de Germinale. Cette structure de réinsertion, qui reçoit l’aide de la mairie, de la préfecture, de Pays de Meaux Habitat, de la direction du travail et du conseil départemental, a choisi un modèle simple à reproduire et a rouvert son ancien atelier de couture pour l’occasion.

Meaux, le 16 juillet 2020. Les premiers exemplaires de masques transparents sont sortis des ateliers de l’association Germinale

Les deux responsables associatifs assurent recevoir beaucoup de demandes. Dans un premier temps, ils fourniront gratuitement ces masques à la mairie et aux associations caritatives.

Plus de 400 masques s’entassent dans des cagettes entreposées dans l’atelier de couture. Une chose les différencie de ceux proposés au grand public : ils sont transparents et permettent de lire sur les lèvres. Les associations Signes et paroles et Germinale sont à l’origine de ce modèle. Le 17 juillet, elles ont offert un premier lot de 70 masques à la mairie de Meaux.

Une livraison qui intervient alors que le port du masque est généralisé depuis ce lundi dans tous les lieux publics clos. « Quand on a dit que le port du masque serait obligatoire en intérieur, c’était la panique dans les réseaux de sourds », assure Thi-My Gosselin, présidente de l’association Signes et paroles.

Selon les estimations, la France compte entre 300 000 et 400 000 personnes en France — entre 3700 et 5000 en Seine-et-Marne — souffrant de troubles importants de l’audition… mais seulement quelque 400 interprètes en langue des signes françaises (LSF). Il en faudrait huit fois plus pour répondre aux besoins.

« Il faudrait que la population connaisse les bases de la LSF, ce qui pourra vraiment nous rassurer… », estime la Fédération nationale des sourds de France. En attendant, de nombreuses personnes sourdes se rabattent donc sur la lecture labiale au quotidien. Une solution dont ils sont privés avec la généralisation du port du masque.

Un patient refuse d’aller à l’hôpital car la lecture labiale y est impossible

L’idée des masques transparents est venue à Thi-My Gosselin durant le confinement. Un jour, la mairie de Meaux fait appel à elle pour aider un couple atteint de surdité, dont l’un des membres est probablement atteint de la Covid-19.

« L’homme était allongé sur le canapé et sa femme était en panique, raconte Thi-My Gosselin, élue depuis conseillère municipale sur la liste du maire Jean-François Copé (LR). Je pouvais communiquer en langue des signes mais elle n’était pas rassurée. Elle me demandait d’enlever mon masque, mais je ne pouvais pas. »

Thi-My Gosselin portant un prototype du masque qu’elle a créé),préside l’association meldoise Signes et Paroles. Thi-My Gosselin
Thi-My Gosselin portant un prototype du masque qu’elle a créé),préside l’association meldoise Signes et Paroles. Thi-My Gosselin  

L’homme refuse même de partir seul à l’hôpital sans interprète en langues des signes. C’est à ce moment-là qu’elle se rend compte que les masques classiques ne sont pas adaptés.Newsletter Seine-et-MarneChaque matin, l’actualité de votre département vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. 

Plus tard, lorsqu’elle part aider d’autres personnes sourdes, elle se fabrique son propre masque transparent. « Ça les a fait rire, mais ils m’ont demandé où est-ce qu’ils pouvaient en acheter, raconte la présidente de Signes et paroles. J’ai donc commencé à me pencher sur le sujet. »

Du matériel aujourd’hui gratuit… bientôt commercialisé ?

Thi-My Gosselin développe alors plusieurs prototypes et se rapproche d’une autre association meldoise pour les fabriquer à plus grande échelle.

« Je ne pensais pas qu’elle avait autant travaillé », plaisante Bruno Buffière, le président de Germinale. Cette structure de réinsertion, qui reçoit l’aide de la mairie, de la préfecture, de Pays de Meaux Habitat, de la direction du travail et du conseil départemental, a choisi un modèle simple à reproduire et a rouvert son ancien atelier de couture pour l’occasion.

Meaux, le 16 juillet 2020. Les premiers exemplaires de masques transparents sont sortis des ateliers de l’association Germinale. LP/Quentin Meunier
Meaux, le 16 juillet 2020. Les premiers exemplaires de masques transparents sont sortis des ateliers de l’association Germinale. LP/Quentin Meunier  

Les deux responsables associatifs assurent recevoir beaucoup de demandes. Dans un premier temps, ils fourniront gratuitement ces masques à la mairie et aux associations caritatives.

« Cette fabrication arrive à point nommé, salue la mairie de Meaux. Elle est essentielle pour pouvoir offrir à tous les administrés, spécifiquement ceux qui sont sourds et malentendants, un service d’accueil public de qualité. Ce type de masque, dit inclusif, permettra notamment à notre agent au sein de la direction des espaces verts de communiquer plus facilement avec ses collègues. »

Meaux, le 17 juillet 2020. Thi-My Gosselin (à gauche) et Bruno Buffiere (à droite) lors de la remise de 70 masques transparents aux services de la mairie. 

Cet employé municipal, atteint de surdité profonde, travaille à la mairie depuis une vingtaine d’années. Après la direction des espaces verts, la distribution des masques devrait être étendue aux autres services de la Ville.

Pour les fabriquer, Germinale emploie sept salariés en réinsertion. L’association réfléchit même à augmenter la production et à les commercialiser à un prix jugé abordable : cinq euros, contre une vingtaine d’euros pour une visière de protection.

«Certains jeunes en réinsertion sont tout aussi isolés que les sourds »

« J’utilise le terme de masque barrière et pas masque de protection », précise Thi-My Gosselin. Le matériel ne correspond pas aux normes des masques chirurgicaux, bien qu’ils recouvrent intégralement la bouche et le nez. Ils sont lavables en machine et fournis avec une notice pour expliquer comment éviter la formation de buée.

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Un commentaire

  1. Pensez aux masques inclusifs qui ont été homologué pas la Direction Générale de l’Armement tout récemment.
    Je vous mets le lien, il faut bien se protéger.
    Merci de soutenir cette belle initiative : https://masqueinclusif.com/
    Le Masque Inclusif® est le premier masque barrière à fenêtre anti-projection lavable et anti-buée disponible en France, pensé et conçu pour faciliter la lecture labiale et rendre visible l’expression du visage pour une meilleure relation humaine.

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