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«Il faut diffuser la langue des signes»

Au-delà des masques transparents,il faut mieux intégrer la langue des signes, appelle le Mouvement Citoyens Sourds (MCS).

Le quotidien des personnes sourdes et malentendantes s’est fortement compliqué suite à la crise du coronavirus.

Avec le port du masque, c’est tout un pan de la population – au moins 8,6% seraient affectés par une perte auditive – qui est confronté à de grandes difficultés de compréhension. Car lire sur les lèvres, visualiser les expressions du visage font partie de la communication des malentendants.

Par ailleurs, la «mauvaise intégration» de la langue des signes dans la société ne facilite pas les choses, note Stéphanie Eugène (photo) du Mouvement Citoyens Sourds dont le but est d’améliorer l’accessibilité de ces personnes dans tous les domaines.

Le MCS, créé fin 2018, lance aujourd’hui un appel: «Bien plus que les masques transparents, utiles aux sourds et malentendants, la langue des signes n’est pas assez diffusée.»

Pas de réponse politique

Depuis le début de la crise, le MCS a mené différentes actions: mise en ligne de tutoriels de masques transparents, récolte des adresses de couturières volontaires et transmission de celles-ci.

«Nous avons aussi interpellé le politique, dit Stéphanie Eugène. On a insisté sur l’importance de ces masques transparents, dans les hôpitaux notamment, demandé s’ils en commanderaient…»

Mais à ces questions, peu de réponses. «On nous a répondu qu’il n’y avait, semble-t-il, pas tant de personnes que cela qui lisent sur les lèvres. Qu’on devait évaluer les besoins pour qu’ils budgétisent. Et puis, plus rien.»

Entre-temps, des volontaires ont sorti leurs machines à coudre. Une entreprise de travail adapté a décidé de produire 10 000 masques.

Si le MCS interpelle à nouveau le politique sur ces masques, le mouvement veut surtout attirer l’attention sur un problème de fond plus important: «Le masque transparent est un outil mais il ne règle pas tout. Est-ce qu’il y en aura assez? Et puis, tous les sourds ne lisent pas sur les lèvres. On a besoin que la langue des signes soit largement diffusée», indique Stéphanie Eugène.

Manque d’interprètes

Et d’ajouter«Elle est reconnue depuis plus de 10 ans! Il faut qu’on l’intègre partout, surtout en cette période de crise où une partie de la population n’a pas accès à une information essentielle et vitale, de façon correcte ou complète.»

Si des interprètes traduisent les conférences de presse du CNS à la télévision, «la langue des signes est absente des hôpitaux par exemple. C’est une urgence! Quand, de tout temps, il arrive que des personnes sourdes prennent la pilule contraceptive trois fois par jour parce qu’elles n’ont pas bien compris, imaginez en cas de crise alors qu’il y a toute une série de règles à respecter! On pourrait envisager que dans les hôpitaux deux médecins soient formés ou qu’il y ait un interprète intégré à l’hôpital.»

Stéphanie Eugène pointe aussi les administrations, les lieux de travail«Comment communiquer avec ses collègues qui portent le masque

Une meilleure intégration de la langue des signes qui, si elle est nécessaire en temps de crise, le sera aussi par après, assure Stéphanie Eugène. Cette dernière met toutefois en évidence un autre problème structurel: la pénurie d’interprètes.

Source
https://www.lavenir.net - 25 Mai 2020
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