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Avec le masque, de nombreux malentendants ne peuvent plus lire sur les lèvres

Obligatoire dans de nombreuses situations du quotidien, le port du masque peut restreindre la communication des personnes atteintes d’un handicap auditif ou cognitif.

Un rectangle de tissu bleu pour le contour, et du plastique transparent au niveau de la bouche, Kelly Morellon, 31 ans et malentendante depuis une dizaine d’années, a créé avec sa mère un masque sur-mesure pour pouvoir parler avec ses proches et se faire comprendre. Présidente de l’association Main dans la main, Kelly Morellon reçoit depuis le confinement des témoignages de personnes malentendantes qui «  se sentent mal, exclues ».

Comme la sienne, nombre d’initiatives ont fleuri ces dernières semaines sur les réseaux sociaux.

«  Ne plus pouvoir lire sur les lèvres est un vrai sujet d’angoisse », décrit Jérémie Boroy, président du Conseil national consultatif des personnes handicapées. Sourd de naissance, le quadragénaire vit «  personnellement de façon très compliquée » cet «  envahissement des masques ». «  Au supermarché, à la pharmacie, avec un collègue, si je ne comprends pas quelque chose, je ne sais pas comment la personne va réagir si je lui demande d’enlever son masque… Elle refusera sans doute, à juste titre », poursuit-il.

Des masques transparents

Craignant que cette situation n’isole davantage après deux mois de confinement, M. Boroy milite pour une «  homologation rapide d’équipements alternatifs » afin de proposer à tous une « protection adaptée ». Plus à l’aise pour signer que pour lire sur les lèvres, Anne-Marie, 63 ans, plaide, elle, pour les solutions qui permettent de déceler «  les expressions du visage entier », comme les visières.

En France, environ 500 000 personnes sont atteintes de surdité et 5 à 6 millions d’autres sont malentendantes.

Mais ce problème de communication peut aussi atteindre «  de nombreuses personnes avec troubles cognitifs, autistiques, des victimes d’AVC, de tous les âges, des seniors aux très jeunes enfants », souligne Anne Dehêtre, présidente de la fédération nationale des orthophonistes. Pour Mme Dehêtre, des masques transparents devraient pouvoir «  se trouver partout » pour équiper «  les personnels des Ehpad, personnels de santé, auxiliaires vie scolaire, forces de l’ordre, toutes les personnes au contact du public, dont certains ont parfois un handicap invisible ».

Selon le secrétariat d’État aux Personnes handicapées, des «  prototypes de masques à fenêtre sont aujourd’hui en cours de test pour être mis sur le marché ». Dans l’attentedes visières longues en plastique transparent peuvent être préconisées. Et pour les personnes dont le handicap rendrait «  difficilement supportable » le port d’un masque, une dérogation est désormais possible s’ils disposent d’un certificat médical justifiant de cette impossibilité.

Source
https://www.lavoixdunord.fr - 24 Mai 2020
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