À cause des masques, François-Marie, malentendant, ne peut plus lire sur les lèvres

0
François-Marie est obligé de demander aux personnes de retirer leurs masques pour pouvoir les comprendre

François-Marie est agriculteur dans le secteur du Mêle-sur-Sarthe (Orne), malentendant, il est en difficulté depuis que le port du masque est vivement conseillé contre le Covid-19

François-Marie, agriculteur dans le secteur du Mêle-sur-Sarthe (Orne), est malentendant depuis son enfance.

Ne parlant pas la langue des signes, il lit sur les lèvres lorsqu’on est face à lui, et quand on articule bien et qu’on parle doucement ! Ce qui lui permet, bien que fort malentendant, de vous comprendre facilement.

Mais, désormais, avec le coronavirus, et l’arrivée des masques dans l’espace public de façon plus importante, impossible pour lui de voir la bouche et de comprendre son interlocuteur. Ainsi, certaines situations du quotidien peuvent vite devenir gênantes en ce moment.

Lorsque je vais en magasin je suis obligé de dire, « excusez-moi je n’arrive pas à comprendre, je suis malentendant » »

Il faut donc que la personne retire son masque, au moins pour parler tout en gardant ses distances afin que François-Marie puisse lire sur les lèvres.

Un ami de Toulouse m’a dit en plaisantant qu’il faudrait des masques transparents ».

Une idée sans doute pas si bête et pleine de bon sens pour les personnes en situation de handicap.

Car une de ses deux oreilles est totalement non entendante pendant que son autre oreille, dotée d’un appareil, ne lui permet d’entendre qu’à 10 % maximum « l’appareil ne fait pas tout, car il mélange les sons ambiants » décrit-il. Il arrive donc à parler sans réellement s’entendre ! Une prouesse qu’on ne peut que saluer !

Retirer le masque et parler distinctement

Presque résigné, il souffle :

C’est un passage, il faut qu’on l’accepte. Pour l’instant je n’ai pas vu beaucoup de monde porter un masque, et en tant qu’agriculteur tout seul sur mon exploitation je n’en ai pas besoin »

Une chance d’être patron !

Mais même en temps de pandémie, la vie des exploitants est rythmée par les contacts avec les fournisseurs « la plupart du temps pour les procédures, je me déplace pour être sûr de ne pas faire de bêtises, notamment pour les produits de traitement »

Autre souci, la déclaration PAC (pour obtenir les subventions de la Politique Agricole Commune) elle doit se faire, cette année, presque exclusivement en ligne à cause du virus. Mais là encore, impossible. Car il ne peut pas, ou très difficilement parler avec quelqu’un au téléphone s’il a besoin d’aide. Il a donc préféré se déplacer. Là encore, il a fallu maintenir la distanciation sociale pendant le rendez-vous et retirer le masque pour pouvoir dialoguer.

Au téléphone, je suis un peu perdu, j’ai peur de dire n’importe quoi, je stresse. Pour les malentendants être patron c’est un avantage, je serai salarié on penserait que j’ai du mal à suivre, que je n’arrive pas à comprendre… »

Il a en effet repris l’exploitation familiale. Le milieu salarié pouvant se montrer discriminant à destination des personnes malentendantes, il prouve avec brio qu’entreprendre avec un handicap est possible.

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.