La main des sourds

Des masques pour les sourds et malentendants

Couturière à la retraite, Sylviane Jelly est sourde de naissance. Elle vient de démarrer la création de masques transparents afin que les sourds et malentendants puissent lire sur les lèvres.

Dans sa maison de Dambach-la-Ville, Sylviane Jelly coud des masques à tour de bras. Mais pas n’importe quels masques : sourde de naissance, la couturière retraitée réalise des masques transparents afin que les sourds et les malentendants puissent communiquer en restant protégés. « Depuis toujours, les sourds font face à des problèmes de communication, mais là, c’est encore pire », explique sa fille Noémie. « Ils sont totalement coupés des autres. »

En effet, même si leur principal mode de communication est la langue des signes , il reste que la lecture labiale (lire sur les lèvres) est cruciale, ne serait – ce que parce que – hormis ceux qui ont un sourd parmi leurs proches – personne ne connaît la langue des signes.

Le principe du masque ? On utilise le modèle du masque à plis, mais la partie centrale est remplacée par du plastique transparent, qui laisse la bouche visible. Tout bête, mais il fallait y penser. Sourire de Noémie : « Moi-même je n’y avais pas pensé… »

Parents d’enfants autistes, orthophonistes…

L’idée est venue de l’association LSF Pi Tous (LSF comme langue des signes), basée à Limoges. Tout comme d’autres bénévoles, Sylviane Jelly a travaillé à trouver un modèle utilisable. « On trouve sur internet des gens qui font des masques, mais cela reste du bricolage », reprend Noémie.

En quelques jours, Sylviane Jelly a cousu 70 masques.

En moins d’une semaine, Sylviane en a réalisé 70, y compris pour les enfants – « et l’association a déjà reçu 500 commandes ! » – suite à un article du journal « Le Populaire du Centre » vendredi dernier, partagé 450 fois. Il s’avère en effet que ce masque n’intéresse pas que les sourds et malentendants : l’association a reçu des commandes de parents d’enfants autistes, pour lesquels les expressions du visage sont un biais de communication important, des commandes d’orthophonistes, d’enseignants de maternelle, d’entreprises comme Métro ou Total…

Des bénévoles de l’association se sont attaqués à leur fabrication, mais la demande est tellement importante qu’un Esat (Établissement et services d’aide par le travail) des environs de Limoges a été contacté pour les fabriquer. Un tutoriel est par ailleurs en cours de réalisation. « Nous espérons le mettre en ligne d’ici la fin de la semaine », indique la jeune femme.

Source https://www.lalsace.fr - 15 Mai 2020

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