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Hauts de Seine Habitat

Un premier emploi pour un malentendant

L’homme travaille en hygiène et salubrité

Un malentendant de la Montérégie est fier d’avoir déniché son premier emploi stable à vie sur la ligne de front de la COVID-19.

Steve Décosse a récemment commencé à travailler en hygiène et salubrité en pleine crise sanitaire.

Il désinfecte des chambres de patients atteints de la COVID-19, nettoie des corridors, des salles à manger, des murs, des plafonds, lave des lits, dans différents endroits, dont des résidences pour personnes âgées.

L’homme de 43 ans porte un implant cochléaire (un appareil auditif) sur le crâne pour mieux percevoir les sons et pour tenir une conversation. Il raconte avoir eu de la misère à se trouver un emploi et a attendu longtemps cette première chance.

« Je suis très heureux. Cela fait des années que j’essaie de me trouver un emploi stable. Je suis très content que Solution Idoine m’ait donné ma chance. Cela me valorise énormément », a communiqué M. Décosse au Journal, par écrit.

Honneur

C’est un honneur pour lui de contribuer à l’effort de guerre en pleine pandémie.

« Je suis fier de pouvoir aider les personnes âgées en désinfectant pour qu’il y ait le moins de décès possible. N’oublions pas que ce sont eux qui ont bâti le pays ; il faut en prendre soin », a-t-il indiqué.

L’homme de Salaberry-de-Valleyfield considère que son handicap lui a nui dans la recherche d’emploi. Il raconte que tout le monde avait des craintes pour sa sécurité, notamment en cas d’incendie.

« Ils me disaient : “nous allons vous rappeler dans quelques jours”, mais ils ne me rappelaient jamais », raconte M. Décosse.

Pas un obstacle

Sa sœur Katy Décosse, 40 ans, ne croit pas que l’implant cochléaire doit être un obstacle au marché du travail.

« Un implant permet aux personnes atteintes de surdité grave d’avoir un meilleur accès aux sons. La vie leur offre une chance d’entendre, alors pourquoi les employeurs ne leur offriraient pas la chance de se trouver un emploi ? », plaide-t-elle, soulignant que son frère a un secondaire 5, un permis de conduire, parle français et la langue québécoise des signes.

Elle est très contente pour son frère, mais ne cache pas une certaine inquiétude.

« Nous avons perdu ma maman en mars 2017 de l’influenza, alors de savoir que mon frère travaille de près avec des gens atteints de la COVID nous stresse, ma sœur Angèle et moi. Mais nous sommes heureuses pour lui, comme quoi, quand on veut, on peut », souligne-t-elle.

Source https://www.journaldemontreal.com - 10 Mai 2020
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