Découvrez ces interprètes qui informent les personnes sourdes

0

Depuis près de trois semaines, elles font partie du quotidien des Québécois. Dans le coin inférieur droit de l’écran du téléviseur, dès 13 h, les interprètes de la langue québécoise des signes transmettent aux personnes sourdes de l’information capitale. Incursion dans ce métier peu connu.

Les dernières semaines ont été particulièrement intenses pour Amélie Gagnon et Julie Lanthier.

Dans un studio de l’Assemblée nationale, elles interprètent quotidiennement, en direct, les propos du premier ministre François Legault, de la ministre de la Santé Danielle McCann et d’Horacio Arruda, le directeur national de la santé publique du Québec.

On sent une responsabilité de rendre accessible le message et de créer ces liens avec  la communauté sourde, explique Amélie Gagnon. On prend ça à cœur. 

Julie Lanthier interprétant les propos du directeur national de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, sur les ondes de RDI, lundi.

Au Québec, l’Office des personnes handicapées estimait à 116 000 le nombre de personnes ayant une incapacité d’audition en 2012. Un nombre qui augmente grandement chez les 70 ans et plus, selon le Réseau québécois pour l’inclusion sociale des personnes sourdes et malentendantes.

Situation exceptionnelle

Les services d’interprètes sont requis lorsque le message doit être compris par tous. C’est le cas pour les consignes entourant la propagation de la COVID-19.

Pour la directrice du Service régional d’interprétariat de l’est du Québec (SRIEQ), Denise Thibault, cette situation est du jamais-vu.

En 30 ans, c’est une première d’être à l’Assemblée nationale tous les jours, illustre-t-elle. Sept interprètes du SRIEQ sont affectés au parlement, sur la cinquantaine disponible.

En temps normal, le service des interprètes est surtout retenu lors de moment spécifique, comme la semaine des personnes handicapées ou pour les vœux de Noël de la ministre des Aînés, Marguerite Blais.

Félix Morrissette-BeaulieuPublié le 3 avril 2020

Depuis près de trois semaines, elles font partie du quotidien des Québécois. Dans le coin inférieur droit de l’écran du téléviseur, dès 13 h, les interprètes de la langue québécoise des signes transmettent aux personnes sourdes de l’information capitale. Incursion dans ce métier peu connu.

Les dernières semaines ont été particulièrement intenses pour Amélie Gagnon et Julie Lanthier.

Dans un studio de l’Assemblée nationale, elles interprètent quotidiennement, en direct, les propos du premier ministre François Legault, de la ministre de la Santé Danielle McCann et d’Horacio Arruda, le directeur national de la santé publique du Québec.

On sent une responsabilité de rendre accessible le message et de créer ces liens avec la communauté sourde, explique Amélie Gagnon. On prend ça à cœur. Julie Lanthier interprète les propos du directeur national de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, sur les ondes de RDI lundi.

Julie Lanthier interprétant les propos du directeur national de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, sur les ondes de RDI, lundi.

Au Québec, l’Office des personnes handicapées estimait à 116 000 le nombre de personnes ayant une incapacité d’audition en 2012. Un nombre qui augmente grandement chez les 70 ans et plus, selon le Réseau québécois pour l’inclusion sociale des personnes sourdes et malentendantes.

Situation exceptionnelle

Les services d’interprètes sont requis lorsque le message doit être compris par tous. C’est le cas pour les consignes entourant la propagation de la COVID-19.

Pour la directrice du Service régional d’interprétariat de l’est du Québec (SRIEQ), Denise Thibault, cette situation est du jamais-vu.

En 30 ans, c’est une première d’être à l’Assemblée nationale tous les jours, illustre-t-elle. Sept interprètes du SRIEQ sont affectés au parlement, sur la cinquantaine disponible.

En temps normal, le service des interprètes est surtout retenu lors de moment spécifique, comme la semaine des personnes handicapées ou pour les vœux de Noël de la ministre des Aînés, Marguerite Blais.

Interprétation et langue québécoise

Pour bien comprendre leur travail, Amélie Gagnon et Julie Lanthier mettent l’accent sur une distinction importante : elles ne sont pas des traductrices, mais bien des interprètes.

C’est un travail qu’on fait en simultané, souligne Amélie Gagnon, qui reçoit l’information quelques minutes avant le début du point de presse.

Dès qu’on entend le message auditivement, nous on a un travail d’analyse. On va directement déverbaliser. On va chercher le sens. Ce n’est pas une interprétation mot à mot, on a un transfert à faire d’une langue à une autre.

Dans cette interprétation, on retrouve des expressions faciales et corporelles, de même que quelques mots mimés.

Si le mot n’existe pas en langue québécoise des signes, celui-ci sera épelé grâce à l’alphabet.

La langue des signes québécoise n’a pas la même grammaire que le français, donc on doit vraiment utiliser les stratégies de la langue. Vous voyez beaucoup d’expressions faciales, ça fait partie de la langue. On a aussi la position des mains, le mouvement des mains. Tout ça représente des constituants de la langue des signes, explique l’interprète.

Les mains, le corps et le visage doivent être bien en vue.

Il faut que notre habillement soit neutre, de couleur foncée, unie. Notre toile de fond est un peu notre corps donc nos mains doivent être visibles, notre visage dégagé le plus possible, précise Mme Gagnon. Aucun élément distrayant, des bijoux qui brillent et tout ça.

Les plus assidus auront aussi remarqué que contrairement aux points de presse du premier ministre ontarien Doug Ford, où l’on aperçoit les interprètes derrière lui, ceux des premiers ministres Trudeau et Legault sont situés dans un studio et sont habillés en noir.

Pour le fond derrière nous, on essaie d’avoir un léger contraste pour bien faire ressortir les signes, répond Amélie Gagnon.

Un travail intense et remarqué

Il est aussi possible de voir les traductrices s’alterner toutes les vingt minutes durant la diffusion du point de presse de François Legault. Le but est d’offrir une prestation de qualité, selon Amélie Gagnon.

On veut avoir toute notre attention au maximum. Ça demande vraiment une grande concentration. L’autre personne nous offre du support au besoin. Elle peut nous souffler le mot, ajoute-t-elle.

L’intensité et le niveau de stress à heure de grande écoute y sont aussi pour quelque chose.

C’est aussi pour se protéger des lésions professionnelles. Nous sommes à risque de troubles musculo-squelettiques si on travaille dans ce stress-là de façon prolongée, témoigne Mme Gagnon.

Leur travail est toutefois remarqué par la communauté des personnes sourdes, selon Denise Thibault. Je suis très fière et je veux remercier tous les interprètes. On a beaucoup de gens sur le terrain. On a du monde partout dans l’Est-du-Québec.

Elle assure que les interprètes resteront au travail pour transmettre un des messages prioritaires du gouvernement : restez à la maison… et que tout ira bien.

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.