Le Grand R ne veut exclure personne

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« Que personne ne se sente empêché d’entrer dans ce lieu. » La Scène nationale yonnaise fête ses 25 ans. Mais derrière les spectacles, tout un travail est mené pour rendre le lieu accessible à tous.

« Avant, je n’aimais pas le théâtre, je n’y allais jamais » , confie Lionel Bordage, membre de l’association vendéenne Accèsourds. « Maintenant, je n’hésite pas. » Le 23 novembre, ils étaient plusieurs à assister à une visite théâtralisée sur la culture sourde dans l’histoire du théâtre. « C’était vraiment chouette ! » Cette saison, deux autres spectacles du Grand R seront particulièrement accessibles aux sourds et malentendants : en janvier, L’Enfant océan, adapté dès l’âge de 7-8 ans, traduit en langue des signes. Et en mai, Dévaste-moi, avec Emmanuelle Laborit, comédienne et metteuse en scène sourde.

Des événements prisés par la communauté sourde et malentendante de Vendée : ils seraient une trentaine à y assister à chaque fois, « bien plus qu’avant », relève Yannick Loison, d’Accèsourds. « Pour nous, c’est un vrai plaisir, et une ouverture d’esprit. »

Preuve que l’appétit culturel est là, et qu’il suffit de lui ouvrir grandes les portes. Le Grand R s’y attelle, en déclinant les dispositifs pour que « personne ne se sente empêché d’entrer dans ce lieu », explique Clément Fervel, responsable de la communication et des publics. Spectacles en audiodescription, visites tactiles de décor pour les non-voyants, boucles magnétiques pour les personnes appareillées… « Il y a une vraie accélération sur ces thématiques depuis une dizaine d’années, due notamment à une évolution de la société, note Clément Fervel. On le sent aussi sur les politiques publiques, ave le soutien important de la Ville sur ce sujet. »

Une aide de la municipalité et de la Direction régionale des affaires culturelles a récemment permis d’investir dans quinze « Subpac ». Ces gilets, testés l’an dernier par le Grand R, retranscrivent les ondes sonores en vibration. Ils pourront d’ailleurs être utilisés dès ce mardi soir lors de la représentation d’Esquif, spectacle mêlant concert jazz et cirqueLionel l’a expérimenté lors de la dernière visite : « J’adore ! Si ça avait existé quand j’étais jeune, j’aurais été en discothèque avec ! »

La formation, l’an dernier, d’une partie de l’équipe en langue des signes témoigne encore de cette volonté d’accessibilité. « Pour nous, c’est bien plus humain de passer par vous pour acheter notre billet que par une tablette » , salue Yannick, qui les a formés.

Plus largement, la médiation culturelle est l’un des chevaux de bataille de la Scène nationale. À destination des personnes en situation de handicap, mais pas seulement : personnes âgées ou défavorisées, détenus dans les maisons d’arrêt, migrants ou encore établissements scolaires : 150 partenaires travaillent chaque saison avec le Grand R.

À titre d’exemple, « nous essayons de faire venir les artistes dans les Ehpad explique Mathilde le Magueresse, chargée des relations avec le public. Ou nous accueillons les personnes âgées sur des temps dans la journée. Il nous arrive aussi de mêler le public scolaire et les personnes âgées… »

13 000

C’est le nombre de spectateurs scolaires accueillis par le Grand R lors de la saison passée.

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