Argentine: des sourds-muets victimes de prêtres demandent justice au Vatican

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Ces victimes argentines d'abus sexuels de la part de prêtres catholiques demandent justice et espèrent être reçues par le pape François.

C’est l’un des scandales sexuels les plus terribles qui secouent l’Argentine. Pendant des années, des enfants âgées de 4 à 17 ans ont été battus et violés dans un institut catholique pour sourds-muets. Si deux prêtres ont été condamnés en novembre dernier à plus de 40 ans de prison, les victimes demandent des indemnités et veulent rappeler que des abus existent encore dans l’Eglise.

Un an après l’organisation au Vatican d’une conférence internationale sur les abus sexuels sur mineurs, certaines victimes de ces prêtres argentins sont venues à Rome, en espérant être reçues par leur compatriote le pape François.

Ils s’appellent Daniel, Ezequiel et Claudia, le plus jeunes des trois à 19 ans, le plus ancien 46. Tous ont vécus un enfer, celui de l’institut Provolo à Mendoza, à l’ouest de l’Argentine. Avant leur arrivée à Rome, ils ont témoigné devant le comité de l’ONU contre la torture et celui des droits de l’enfant. En langue des signes, place Saint-Pierre, ils échangent avec leur avocat.

« Notre désir pour ces victimes c’est que l’Église ne couvre plus les abus, et qu’elles trouvent une réparation. Vue l’histoire passée, si cette réparation a lieu, je pense qu’on ne pourra plus revenir en arrière. Comme défenseur des droits humains, je pense qu’elle aura lieu un jour », affirme l’avocat des victimes Sergio Salinas.

L’espoir d’être reçus par le pape

Aux côtés de ces Argentins, plusieurs membres de l’ECA ont fait le déplacement. ECA pour « End of Clergy abuse », mettre un terme aux abus dans l’Eglise, un réseau international de victimes. « En réalité, on voit toute la difficulté à faire changer les mentalités, c’est ce que dénoncent aussi mes confrères argentins. Les écrits ne sont pas suffisants et les mentalités malheureusement n’évoluent pas », explique Nadia Debache, l’avocate de l’association française La parole libérée, qui appartient au réseau ECA.

Ces victimes ne savent pas encore si le pape leur ouvrira ses portes, mais elles ne rentreront pas chez elles sans avoir été reçues au Vatican. Elles avaient rendez-vous ce vendredi matin à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

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