La main des sourds

À Wasquehal, des interprètes vont permettre aux sourds et malentendants de joindre la mairie

Le lancement du dispositif est prévu en avril. Les personnes sourdes et malentendantes vont pouvoir joindre les services de la mairie par l’intermédiaire d’opérateurs à distance qui traduiront les conversations en temps réel.

On estime entre 5 et 6 millions le nombre de personnes malentendantes en France et 400 000 sont atteintes de surdité profonde, soit 0,6 % de la population. Ce ratio appliqué à la commune de Wasquehal laisse penser qu’une centaine de Wasquehaliens sont sourds profonds. Or, les agents d’accueil de la mairie sont formels, ces personnes franchissent très peu le seuil de l’hôtel de ville et ils n’appellent jamais, évidemment. « Une seule personne vient régulièrement. On lui donne une feuille et un crayon pour communiquer mais la situation est délicate, on ne veut pas commettre d’impair », explique un agent conscient de la limite de l’exercice.

Le système D devrait bientôt laisser place à un véritable dispositif d’accueil adapté puisque la mairie et le centre communal d’action social (CCAS) vont être équipés du système Elioz Connect développé par l’entreprise Elioz.

« L’interprète traduit toute la conversation en temps réel et il est soumis à une obligation de confidentialité, aucune conversation n’est enregistrée. »

Comment ça marche ? Ce n’est pas très compliqué. Quand une personne sourde ou malentendante se présentera à l’accueil de la mairie, on lui proposera d’utiliser une tablette d’où il pourra joindre un interprète en langue des signes (LSF) ou en langue française parlée complétée (LFPC). Cet opérateur basé dans un centre d’appels sera « les oreilles de la personne sourde », résume Romain Burgy, chargé des grands comptes chez Elioz.

Le deuxième cas de figure, qui représente 98 % des communications selon Elioz, est l’appel à distance. La personne sourde pourra joindre la mairie à partir d’un smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur, en cliquant sur un lien. Là encore, elle sera mise en relation visuelle avec l’une des 120 interprètes d’Elioz. « L’interprète traduit toute la conversation en temps réel et il est soumis à une obligation de confidentialité, aucune conversation n’est enregistrée », indique Romain Burgy. En outre, l’entreprise annonce un délai d’attente inférieur à une minute.

Gratuit pour l’usager

À Wasquehal, le dispositif devrait être mis en place en avrilPour l’usager, la conversation sera gratuite, c’est la commune qui prendra en charge l’abonnement au service : 6 700 euros en 2020 puis 5 700 euros les années suivantes.

Elioz Connect revendique plus de 200 clients dont des grandes entreprises (Société Générale, Orange, Véolia, Ilévia) des organismes publics (la CAF, le Défenseur des droits) et des collectivités, Villeneuve d’Ascq notamment.

Source https://www.lavoixdunord.fr - 5 Février 2020

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