La main des sourds

ASSPEDA 49 : 25 ans qu’ils signent et persistent

L’Association saumuroise de sourds et de parents d’enfants déficients auditifs de Maine-et-Loire (ASSPEDA 49) vient de souffler ses 25 bougies. En un quart de siècle, ses activités et son public ont évolué.

Un quart de siècle déjà. En 1994, Nicole Guyomard, commerçante de Varrains devenue sourde, Philippe Crusson et Éric Rouault, tous deux parents d’un enfant sourd, fondaient l’Association saumuroise de sourds et de parents d’enfants déficients auditifs de Maine-et-Loire (ASSPEDA 49). Leur objectif : pouvoir communiquer en langue des signes française avec leurs proches afin de rompre l’isolement quotidien que les sourds ressentent en permanence.

Une vraie culture plutôt qu’un handicap

L’association a vite rassemblé une vingtaine de personnes dont l’objectif était de proposer à leurs adhérents un certain nombre d’activités (voyages, sorties culturelles, découvertes avec des clubs sportifs, soirée dansante, arbre de Noël…) en plus de stages de langue des signes française. Ces sessions de formation étaient organisées à Saumur pour éviter les déplacements à Angers, rappelle Éric Rouault, aujourd’hui vice-président.

En 2019, soit vingt-cinq ans plus tard, l’ASSPEDA 49 rassemble 77 personnes. Elle est présidée depuis douze ans par Hervé Sublard. Ses activités ont évolué en même temps que le public qu’elle touche. À l’époque, il y avait davantage d’enfants : ils ont grandi, on a adapté notre offre, indique Éric Rouault. La demande est moins forte pour les cours de langue des signes : les personnes intéressées sont orientées vers Angers où sont basés les professeurs. Mais l’ASSPEDA 49, soutenue pendant toutes ces années par les municipalités qui se sont succédé, continue de fédérer grâce à son programme d’animations. Les sourds et malentendants viennent parfois de loin (Poitiers, Tours, Laval ou encore Nantes) pour se retrouver entre eux.

Vers une soirée mensuelle

À Saumur, c’est dans le local de l’association que sont organisés les rendez-vous conviviaux, comme la galette des rois prévue le 25 janvier ou la chandeleur le 8 février. On a pour projet de mettre en place une soirée mensuelle pour jouer aux cartes ou faire des jeux de société, explique le trésorier Patrice Merlet, traduit par Delphine Rouault. Des temps d’échanges qui viendraient en plus des « cafés signes » déjà existants à Longué et à Thouars (Deux-Sèvres). Ces rendez-vous sont bien suivis.

Les sourds ne parlent pas de handicap mais d’une culture à part entière, surtout ceux qui le sont de naissance. Il faut dire que, contrairement à ce que l’on peut penser, les sourds sont très bavards et ne manquent aucune occasion de se retrouver ici ou là pour discuter, expliquent Éric Rouault et sa fille Delphine, devenue interface de communication pour accompagner les enfants sourds dans les écoles partenaires à Angers.

Contact de l’association : asspeda49@orange.fr

Source https://www.ouest-france.fr - 3 Janvier 2020

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