Patrice veut relancer des cours de langue des signes en Cornouaille

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Patrice Papin se prête au jeu en faisant le geste signifiant « bonjour » en langue des signes. Il espère bien le faire bientôt au sein d’un nouveau groupe cornouaillais (

Diminué par une maladie neurodégénérative, Patrice Papin, de Gouesnac’h, se passionne pour la langue des signes, au point d’avoir gagné 28 personnes à sa cause. Sa démarche pourrait relancer l’antenne quimpéroise de l’Urapeda*.

Depuis plus de vingt ans, Patrice Papin tourne autour de la langue des signes. Ça finissait par ressembler à un acte manqué. « Avec mon travail, je n’avais jamais eu le temps de m’y mettre », confie-t-il. Un terrible coup du sort lui a donné cette liberté. En septembre 2015, il commence à souffrir de la jambe droite. Il est alors accaparé par sa profession de dessinateur projeteur dans une entreprise de climatisation brestoise. Rapidement, il devra cesser son travail. Une variante de la maladie de Charcot-Marie-Tooth est diagnostiquée. Elle évolue vite. En avril 2016, il ne peut plus conduire. Quelques mois plus tard, il doit s’équiper d’un fauteuil roulant manuel.

Des cours uniquement à Douarnenez

Il marche aujourd’hui, parfois, avec des béquilles, si la distance ne dépasse pas 50 mètres. Il a déménagé dans une maison de plain-pied, à Gouesnac’h, commune dont sa famille est originaire. Soucieux de rester actif, il s’est rapproché de l’AFM, en proposant son aide bénévole. Lors des Téléthon, il a croisé d’autres personnes souffrant de handicap. L’évidence qu’il lui fallait maîtriser la langue des signes lui est réapparue avec force.

Il se renseigne et apprend que l’URADEPA dispense des cours, lors de permanences au sein de la seule MJC de Douarnenez. Elle a dû fermer ses sessions à Fouesnant et Ergué-Gabéric, faute de personnes désireuses d’apprendre. Les autres sites de formation sont à Brest et Lorient… Patrice Papin poste un message sur Facebook pour clamer son intérêt. En moins de deux heures, 26 internautes disent partager sa curiosité.

« C’est une initiative citoyenne »

Le Gouesnac’hais se pique au jeu. Il démarre des cours sur Internet et, « pour démarrer la nouvelle année », crée un groupe Facebook « Bougeons pour des cours de langue des signes française sur le Sud-Finistère ». À ce jour, 28 personnes l’ont rejoint. Ils sont originaires de Quimper, Loctudy, Clohars-Fouesnant, Pouldreuzic ou Plogastel-Saint-Germain… « Des aides-soignants, des infirmières et des gens qui ont une personne sourde ou malentendante dans leur famille », relate Patrice Papin.

Il prévoit désormais de solliciter l’Uradepa pour faire renaître une session de formation, à Quimper ou Ergué-Gabéric. Contacté ce mercredi, le siège régional de l’Urapeda, à Rennes, salue l’initiative : « C’est en fédérant qu’on peut faire bouger les choses », applaudit Emmanuelle Sauvaget. Michel Demolder, responsable des ateliers de pédagogie, abonde : « Pour moi, c’est une initiative citoyenne. Ça permet à des groupes de gérer leur demande de formation et de diminuer les coûts ». À ses yeux, l’espoir est permis : « Lorsqu’on a douze personnes, on peut envisager de travailler ».* Union Régionale des Associations de Parents d’Enfants Déficients Auditifs. Mail : contact@urapeda-bretagne.fr

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