Des ateliers de danse en langue des signes française créés par une artiste réunionnaise

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A Montpellier, Nelly Célérine, danseuse d’origine réunionnaise, a créé des ateliers de danse en langue des signes française. Ouvert à tous les niveaux, avec pour objectif de monter un spectacle en fin d’année, ils sont aussi un espace d’expression libre et inclusif pour les malentendants. Reportage.

Des ateliers de danse en LSF créés par une danseuse réunionnaise

Nelly Célérine a créé des ateliers de danse en LSF : langue des signes françaises. 🎼 Objectif : créer un spectacle, bien sûr, mais aussi partager l'amour de la danse… car, oui, on peut être sourd et mélomane ! ☺ Voici comment ⤵+ d'infos : https://la1ere.francetvinfo.fr/ateliers-danse-langue-signes-francaise-crees-artiste-reunionnaise-790379.html

Publiée par La 1ère sur Jeudi 16 janvier 2020

Malgré les basses échappées d’une salle de fitness et les flons-flons à peine étouffés du cours de danse de salon à côté, on entend régulièrement résonner de grands éclats de rire à l’étage du studio Lunaret à Montpellier. Dans cette salle aux poutres apparentes baignées de soleil, ils sont une petite quinzaine réunis ce samedi autour de Nelly Célérine pour un nouvel atelier de danse en langue des signes française.

Cohésion de groupe

Un mot d’ordre ici : la communication. Et pour travailler ensemble à créer un spectacle dansé lorsqu’on n’entend pas ou peu la musique, celle-ci est primordiale. « Mon rôle à moi, c’est de jouer avec la musique, avec les silences et les vibrations, mais surtout avec la cohésion de groupe« , explique Nelly Célérine, la professeure. « Ça passe par le jeu ou par les regards.« 

Passée par des grosses productions comme les comédies musicales Le Roi Lion ou Swinging Life, cette artiste d’origine réunionnaise est installée à Montpellier depuis quelques années. Après une première expérience « extraordinaire » de danse en LSF il y a 6 ans, Nelly décide de suivre une formation pour apprendre à signer. « Au début, je suis rentrée pour apprendre la langue des signes mais à la fin, j’ai pris conscience que j’avais découvert la communauté sourde, la culture sourde et j’avais très, très envie d’y participer. » Cela passera donc par des ateliers de danse, lancés fin 2018 avec l’association La Voie des Signes

Lâcher prise

Bien que de plus en plus développés, les cours de danse en langue des signes restent encore rares. Sur les 300 000 personnes atteintes de surdité profonde en France, 34% déclarent être inactives en raison des difficultés d’accès à l’emploi et aux loisirs, selon la Fédération nationale des sourds de France. « Avec les entendants, on a du mal à suivre, on ne se comprend pas toujours« , raconte ainsi Carine, maman d’origine martiniquaise qui participe au cours ce samedi. 

« Quand j’étais petit, j’ai testé un cours de danse en français, mais je n’arrivais pas à ressentir l’ambiance du groupe quand ça discutait« , abonde Quentin, un Martiniquais de 24 ans. Aujourd’hui, au-delà des mots signés avec les mains, il dit pouvoir « s’exprimer par le corps » grâce à la danse.

« Ça m’avait toujours manqué« , ajoute Léonie qui a grandi au milieu d’une famille guadeloupéenne passionnée de musique. La jeune femme a appris à signer il y a seulement trois ans et s’est toujours débrouillée pour évoluer parmi les entendants. Mais même si Nelly est entendante, dans son cours, Léonie n’a plus à s’adapter au reste du monde.

C’est difficile d’expliquer mais ça me fait du bien, j’en avais vraiment besoin. Je peux bouger mon corps et libérer mon esprit.
Léonie

Rencontres

Tous les niveaux sont acceptés dans les ateliers donnés par Nelly Célérine. Elle s’adapte aux débutants et pour les plus avancés, elle propose de travailler des aspects précis de la chorégraphie pour que chacun progresse à son rythme, sans frustration. Tous créent ensemble, autour d’un mot signé décliné en chorépraphie, ou sur une thématique choisie.

« Il n’y a pas qu’une seule méthode« , nuance néanmoins la danseuse, « et bien sûr qu’on peut mélanger sourds et entendants dans un même cours« . Avant de conclure, à bon entendeur : « tout ça, c’est juste des expériences et des rencontres humaines et artistiques. »

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