La saison 5 de Skam plonge dans le monde des sourds

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La saison 5 de la série « Skam » aborde avec tendresse le choc d’un adolescent face à sa surdité impromptue, offrant une plongée dans la culture des sourds, a expliqué son équipe lundi lors d’une conférence de presse. La diffusion de la 5e saison a débuté lundi 6 janvier sur Slash, l’offre numérique de France Télévisions destinée aux jeunes. Le lycéen Arthur y fait face à une perte subite de son ouïe. Paniqué, effrayé par le regard des autres, il s’isole, avant de trouver des solutions avec ses proches.

Après le harcèlement, l’homosexualité et la recherche de la foi, « l’idée était de profiter de l’écrin de bienveillance de la série pour traiter cette problématique« , a souligné Sened Dhab, directeur de la fiction numérique chez France Télévisions. Mais aussi « de rendre hommage à la sensualité et au courage de ce monde-là« , a lancé le réalisateur David Hourregue. Les producteurs se sont appuyés sur l’expertise de l’International Visual Theatre, un lieu culturel parisien dédié à la culture des sourds. Toute l’équipe technique a reçu quelques heures de formation à la langue des signes.

Une culture propre

Pour l’acteur principal Robin Migné (Arthur), cette saison a été « une aventure hors normes« , à laquelle il n’était « pas préparé« . « C’est une autre façon de vivre, il n’y a pas de sons, pas de musique et c’est normal« . Le réalisateur a joué sur ce thème en plongeant le spectateur dans le monde du silence à plusieurs reprises. David Hourregue raconte s’être senti lui-même « handicapé » face à une sourde dont il était tombé amoureux. « Le monde des sourds a une vraie culture propre« , a souligné Winona Guyon, actrice sourde qui joue avec talent Noée, la guide d’Arthur dans ce monde nouveau. Lucas Wild (Camille), un autre acteur (et youtubeur) sourd qui l’accompagne, souligne qu’il « y a des gens qui signent, qui parlent, qui entendent un petit peu. Winona Guyon considère qu’elle fait partie d’une « nouvelle génération qui a envie de casser cette séparation entre le monde qui signe et le monde qui parle ».

La série, initialement adaptée d’un format norvégien, a un double objectif pour le service public, selon Antonio Grigolini, le directeur de Slash : « être un miroir« , « s’inscrire dans le quotidien de son public« , composé essentiellement de jeunes adultes, avec sa diffusion au compte-gouttes sur les réseaux sociaux ; mais aussi lutter « contre la solitude« , leur montrer qu’ils peuvent être soutenus dans leurs épreuves. Outre cette nouvelle saison 5 et une 6e en cours de montage, la PDG de France Télévisions, Delphine Ernotte, a indiqué début janvier être « en discussions pour la 7 et la 8« .

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