Le musée du Touquet s’ouvre aux visiteurs sourds et malentendants

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Anne-Sophie Lefebvre est interprète en langue des signes française (LSF) depuis quinze ans. Elle accompagne régulièrement des groupes, mais c’était la première fois qu’elle intervenait au musée du Touquet.

Le musée du Touquet proposait samedi sa première visite en langue des signes française (LSF). Un test destiné à être renouvelé à l’avenir. Sept personnes dont cinq sourdes ou malentendantes et deux entendantes y ont participé et découvert les œuvres de Victor Vasarely.

Dans l’une des salles du musée du Touquet, un groupe est suspendu aux explications de Marie Babo, chargée du développement des publics. Les œuvres de Victor Vasarely – à qui le musée consacre une rétrospective exceptionnelle jusqu’au 26 avril (lire ci-dessous) – et la vie de l’artiste lui-même n’ont pas de secret pour elle.

La jeune femme n’est pas seule à guider les visiteurs. Elle est accompagnée d’Anne-Sophie Lefebvre, interprète en langue des signes française (LSF) depuis plus de quinze ans. Ses mains virevoltent en même temps que s’enchaînent les expressions sur son visage. Tout cela est très visuel et les visiteurs entendants sont vite captivés eux aussi.

Derrière cette aisance apparente, il y a en fait beaucoup de travail en amont. Les deux femmes ont visité l’exposition ensemble. Anne-Sophie Lefebvre a pris des notes et passé « plusieurs heures » à préparer sa traduction.

À mesure que la découverte de l’exposition avance, l’échange se fait plus libre. Le groupe ose des questions. Peu importe qu’elles viennent de sourds, malentendants ou entendants. « Je ne suis pas là que pour les sourds, fait remarquer Anne-Sophie Lefebvre. Je traduis les questions de tout le monde pour que chacun soit au même niveau. »

La chose est loin d’être anodine. Car si beaucoup de sourds et malentendants « ne se considèrent pas comme handicapés et sont parfaitement heureux comme ça », certains n’osent pas franchir les portes des musées si aucune visite spécifique n’est organisée, quand bien même des dépliants existent : « Ils ont difficilement accès à l’écrit et à la lecture car tout est très basé sur l’oral dans le français. Cela ne les place pas dans de bonnes conditions d’accès à l’art. »

C’est le cas de Laurence, d’Étaples : « Cette visite m’a donné l’occasion d’entrer dans le musée, je n’y étais jamais venue avant. » Originaire de Corbie, près d’Amiens, Nathalie passait « par hasard » dans le secteur quand elle a eu vent de l’initiative du musée. « On a besoin de visites en langue des signes. Ça nous permet d’accéder au savoir. Sans ça, on n’aurait pas eu connaissance de tout ce qui a été dit sur Vasarely et ses œuvres. »

C’est précisément l’objet de ces visites en langue des signes et l’une des missions du musée, que rappelle Marie Babo : « Rendre la culture accessible à tous. » Elle espère pouvoir organiser d’autres visites en langue des signes, mais il faudra attendre la prochaine exposition pour cela. Le public sourd et malentendant les attend de pied ferme.

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