Quelle sécurité pour les sourds en cas d’incendie ?

0

Mi-octobre, un incendie s’est déclenché à Plougasnou (Finistère), dans le garage d’un couple de malentendants. Cet accident nous a conduits à nous interroger sur la sécurité au quotidien des personnes sourdes et malentendantes.

Le 13 octobre, un incendie a détruit une partie du garage de la famille Pousset, à Plougasnou (Finistère). « Mon père avait voulu utiliser la friteuse, et l’huile a sans doute surchauffé », raconte Christelle Pousset. Le garage n’était pas équipé d’un détecteur de

 fumée.

C’est une soudaine coupure de courant qui l’a alertée, alors qu’elle était à l’étage. « J’ai trouvé ça étonnant. En descendant, j’ai senti une odeur de brûlé et j’ai ouvert la porte du garage : tout était noir et enfumé ! »

Heureusement, l’accident ne fait pas de victimes, mais permet à la famille de s’interroger sur leur sécurité, les deux parents étant malentendants. Dans la pièce à vivre, un petit boîtier est ainsi branché à une prise électrique afin de leur signaler certains bruits.

Flash lumineux

« Il émet un signal lumineux quand quelqu’un sonne à la porte ou que l’alarme incendie se déclenche », explique Herveline Pousset. « Sauf que le 13 octobre, il n’aurait pas fonctionné puisqu’il n’y avait plus de courant », renchérit sa fille, qui voudrait investir dans des détecteurs avec des flashs lumineux autonomes. Mais le modèle qu’elle a repéré avoisine les 200 €, un prix non négligeable si la famille décide d’en installer plusieurs dans la maison.

À Morlaix, Marianne Jaouen, elle, attend deux détecteurs de fumée qui seront connectés à son émetteur lumineux. Le processus prend plusieurs mois car elle a fait une demande d’aide financière à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Si tout va bien, je pense devoir débourser 200 € de ma poche. »

Le 114, accessible 24h/24

Mais si le feu se déclenche, comment peut-elle contacter les secours ? « Il yun numéro spécial, le 114, pour les sourds et malentendants, raconte la Morlaisienne, sourde de naissance. On peut l’utiliser en visio, avec la langue des signes (LSF), ou par SMS. »

Accessible 24h/24, ce service est parfois méconnu. « Lorsqu’il n’est pas indiqué dans une liste de numéros d’urgence, je le signale pour qu’il soit ajouté. » Reste que tous les lieux ne sont pas équipés de dispositifs lumineux. Dans l’hôtel où travaille Marianne Jaouen, par exemple, il y en a dans seulement deux chambres, et pas dans les couloirs.

Des SMS d’alerte ?

Hors de la vie quotidienne ou professionnelle, les accidents majeurs sont particulièrement difficiles à gérer pour les sourds et les malentendants. Ils ne pourraient pas entendre la sirène des pompiers par exemple. « Ce serait bien d’avoir un SMS automatique dans ce cas-là, comme il y en a grâce au système d’alerte de la Ville de Morlaix en cas de crues », note Marianne Jaouen.

Ils ont d’ailleurs souvent du mal à comprendre la réalité de situation. « Au moment de l’incendie de Lubrizol, à Rouen, des interprètes bénévoles en LSF se sont relayés pour poster des flashs d’informations en vidéo sur Facebook car on ne comprenait pas ce qu’il se passait », se rappelle la trentenaire.

Un cas qui s’était déjà présenté lors des attentats du 13 novembre 2015. Marianne Jaouen souhaiterait d’ailleurs que ce rôle soit pris en charge par les pouvoir publics plutôt que par des bénévoles bienveillants.

Des renseignements peuvent être pris auprès du service LSF du SIAVS (Service d’interprétation et d’accompagnement à la vie sociale), lsf29@donbosco.asso.fr, ou de l’URAPEDA : urapeda-bretagne.fr

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.