Argentine : plus de 40 ans de prison pour deux prêtres qui violaient des enfants sourds et muets

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Les prêtres Nicola Corradi (à gauche) et Horacio Corbacho (à droite) condamnés à 40 ans de prison pour avoir violé des enfants sourds et muets

Voilà une affaire qui secoue le pays du pape François. Ce lundi, deux prêtres ont été condamnés à plus de 40 ans de prison pour avoir violé pendant plusieurs années des enfants sourds et muets dans un institut spécialisé dans l’ouest de l’Argentine. L’Argentin Horacio Corbacho a été condamné à 45 ans de prison et Nicola Corradi, un curé italien qui vit en Argentine depuis, à 42 ans, selon la décision rendue publique lundi à l’audience.

Au cours de ce procès, qui s’est ouvert début août à Mendoza, 43 dossiers ont été examinés et 13 victimes entendues, dont certaines ont été violées entre l’âge de 4 et 17 ans. Pour la justice, 25 dossiers sont considérés comme des cas d’abus sexuels. Accusés de viols, corruption de mineurs et mauvais traitements, les deux prêtres encouraient jusqu’à 50 ans de prison.

Dans les deux cas, le fait que les victimes étaient mineures au moment des faits, qu’elles étaient placées sous la responsabilité des auteurs, qu’elles vivaient sous le même toit qu’eux et que les condamnés étaient des représentants religieux ont été considérés comme des circonstances aggravantes.

« Ils sont démoniaques »

Le tribunal de Mendoza a également condamné à 18 ans de prison le jardinier du centre, Armando Gomez, pour viol. Deux des trois accusés sont arrivés à l’audience menottés et escortés par des policiers, tandis que Nicola Corradi se trouvait dans un fauteuil roulant poussé par une femme en uniforme, a constaté l’AFP.

Ezequiel Villalonga, une des victimes des deux prêtres après le verdict du procès

Ce n’est qu’une fois adulte qu’Ezequiel a pu apprendre la gestuelle pour communiquer, car cet établissement catholique spécialisé ne lui avait pas appris la langue des signes. « La vie là-dedans était terrible. On n’apprenait rien, on ne communiquait pas entre nous, on ne connaissait pas la langue des signes », avait-t-il ajouté.

Rassemblées devant le tribunal, plusieurs victimes ont sauté de joie, levé les bras en signe de victoire et fait tourner des mouchoirs oranges à l’énoncé du verdict. 

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