Alix, autrefois sourd, exposera ses voitures

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Les gens d’ici

Depuis deux ans, Alix est mécanicien. Il travaille chez Renault, à Saint-Grégoire. Un métier qu’il tire de sa passion, et résulte d’un parcours semé d’embûches.

À 11 ans ses parents ont compris sa souffrance et l’ont sorti d’une institution où il était, « pour son bien ». Ils l’ont pris en main et, avec eux, il a déjà réalisé ses rêves.

Son papa, architecte, a mis son métier au second plan pour s’occuper d’Alix« Nous sommes fiers de lui. Illettré à 11 ans, il a fini ses études avec un bac S et entend aujourd’hui à 80 %. Pour nous, il est une exception car aujourd’hui, grâce à sa ténacité, il entend les sons infimes et vit sa passion. »

Alix a appris la langue des signes mais voulait à tout prix parler et communiquer. « Il a fait 15 ans d’orthophonie volontairement, trois fois par semaine. »

Une volonté à toute épreuve

Alix se renseigne et sait qu’il existe des solutions à son handicap. Il réclame des implants. Mais « il faudra attendre six ans pour être dans les critères d’attribution d’un implant cochléaire, se souvient son papa qui explique que « c’est un dispositif médical électronique destiné aux personnes atteintes d’une perte auditive bilatérale, sévère à profonde, qui transforme les sons en signaux électriques envoyés directement au nerf auditif. Il contourne les zones endommagées de l’oreille. »

Son bac en poche à 21 ans, Alix décide de se ressourcer et prend un an de repos, pour mieux redémarrer ensuite. Il enchaîne les stages en entreprise pour choisir son métier. Sa passion des vieilles voitures l’oriente vers la mécanique. Il obtient un certificat de qualification professionnelle en un an, à 24 ans.

« Je peux travailler sur les nouvelles voitures comme les anciennes », souligne-t-il. À tout juste 18 ans, il obtient son permis avec autant de ténacité. « Nous sommes allés 40 fois à l’auto-école avant de valider le Code de la route », se rappelle son père. C’est chez ses parents qu’il s’est installés pour assouvir sa passion. Il achète tout le matériel au fur et à mesure. « J’ai appris avec des livres et des vidéos. » Et il règle les voitures à l’oreille.

Le soir, il ne quitte pas vraiment son travail mais enchaîne les ateliers sur ses propres voitures, avant et après le repas, jusqu’à 23 h voire minuit.

Mais pas le week-end, car Alix a aussi une vie sociale. Ce n’est pas pour rien qu’il s’est tant battu pour sortir de l’isolement. « Il croque la vie depuis qu’il entend, et il sait faire la part des choses, il sort et voit ses amis le week-end. »

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