L’ex Miss Sophie Vouzelaud choquée et blessée par l’attitude d’un contrôleur dans un train Limoges-Paris

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Sophie Vouzelaud, première dauphine de Miss France 2007, est en colère contre un contrôleur de la SNCF. « Dégoût », « honte », « colère », elle raconte comment elle a été mal traitée à cause d’une erreur de prénom lors de la réservation de son billet. Explications. 

« Je suis fatiguée. J’ai rencontré dans ma vie beaucoup d’obstacles qui m’ont rendue plus forte mais hier matin [mardi matin], dans le train qui m’amenait de Limoges à Paris, le contrôleur a été plus fort que moi. J’ai pleuré. » C’est par ces mots que Sophie Vouzelaud, première dauphine de Miss France 2007, atteinte de surdité raconte ce qu’elle a vécu…

Choquée et blessée par l’attitude « ignoble d’un contrôleur de la SNCF », elle a raconté son aventure dans un post sur le réseau social Facebook. Nous sommes allés à sa rencontre  à Saint-Junien, où elle vit. Si la jeune femme ne souhaite pas porter plainte, elle raconte volontiers son histoire pour que « ça n’arrive pas aux autres ». Battante, elle veut comprendre comment une telle chose a pu se produire ? Si les contrôleurs sont suffisamment formés pour que les voyageurs en situation de handicap puissent être accueillis dans de bonnes conditions ? S’il y a une “prime” à l’amende ?

Pas de plainte mais un besoin de comprendre

« J’étais assise en train de lire un magazine lorsque l’agent de la SNCF est arrivé pour contrôler les billets. Je lui ai tendu mon téléphone [pour qu’il puisse lire le QR code] et immédiatement il m’a dit “tu ne t’appelles pas Fabien, ce n’est pas le bon prénom, il faut payer une amende”. Il répétait ce n’est pas le bon prénom, il parlait vite, je ne comprenais pas bien. Il était méchant. Il s’est approché de moi très près. Je lui ai dit que j’étais sourde, je lui ai présenté ma carte prouvant mon handicap. Mais il ne voulait rien comprendre. J’ai voulu appeler mon mari pour qu’il lui parle mais il n’a jamais voulu prendre le téléphone », se souvient Sophie Vouzelaud. La scène a duré une vingtaine de minutes et elle a écopé d’une amende de 275 €.

« J’ai fini par comprendre que c’est parce que mon mari a réservé mon billet de train par internet et lorsqu’il a rempli la réservation, il a mis notre nom de famille mais son prénom. Mais on l’a payé ce billet de train. C’est une simple erreur », concède Sophie Vouzelaud. 

Des voyageurs bienveillants

Dans ce « flot de méchanceté,» elle a pu compter sur d’autres voyageurs. Dans son compartiment, deux femmes et un homme ont essayé de prendre sa défense. L’une d’elle a même parlé au téléphone  à l’époux de Sophie Vouzelaud qui s’inquiétait. Cette bienveillance, « ça m’a fait plaisir. Tout comme les très nombreux messages de soutien que j’ai reçus par la suite dont de nombreux cheminots de Limoges ». 

Son mari avait acheté un billet aller-retour mais Sophie a préféré racheter un autre “retour” avec cette fois le bon prénom pour éviter de se retrouver une nouvelle fois dans cette situation. Trois billets et 275 € d’amende, ça fait cher ! En effet, mardi soir, Sophie Vouzelaud était invitée à une soirée pour la sortie du livre de son ami le youtuber Sam Zirah. 

Les représentants de la SNCF ont de leur côté pris directement contact avec la Miss pour lui dire qu’ils étaient « vraiment navrés de cette situation » et ont dit « comprendre tout à fait votre sentiment suite à ce type d’événement […] Il ressort que l’agent qui vous a contrôlé a constaté l’irrégularité de votre billet. Il était en effet libellé à un autre nom que le vôtre. Nous demandons à nos contrôleurs d’être très rigoureux sur ce point dans le but d’éviter la fraude. Cependant, après étude de votre situation personnelle et de votre situation de handicap, la SNCF a décidé à titre exceptionnel d’annuler le procès-verbal que vous avez reçu. »

La SNCF n’a pas en revanche voulu s’exprimer sur le comportement de l’agent. Depuis, sur une page Facebook non publique dédiée aux contrôleurs et aux conducteurs, il reçoit des menaces et selon un de ses collègues qui a accès à cette page, « sa vie devient un enfer ».

Stéphanie Barrat et Franck Lagier

1 COMMENT

  1. Bonjour,
    Je trouve que Mme Vouzelaud a vécu une situation bien difficile. Si ce genre de problème ne peut en aucune façon être imputé à la fonction entière de contrôleur de la SNCF, ce n’est malheureusement pas le premier témoignage rencontré et de nombreux cas similaire ont lieu chaque mois.
    Je ne crois pas qu’il s’agisse seulement du respect de l’handicap – même si la réaction face à la situation de handicap ici pose déjà problème – mais aussi du respect de l’usager quel qu’il soit. Parce que lorsqu’on donne une amende à quelqu’un cela veut dire qu’on déclare qu’il n’a pas respecté les règles et qu’il est coupable de vol alors qu’il n’y a aucune preuve qu’un problème d’identification. Et lorsque la personne paye, elle accepte ce jugement.
    J’espère que votre message sera relayé et porté à la connaissance des personnes responsables à la SNCF. Peut-être que d’autres pourront apporter également leur expérience et ainsi faire en sorte qu’un acte aussi banal que prendre le train redevienne une situation paisible où l’on se sent en sécurité.

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