Le code de la route en langue de signes à Besançon

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Une pédagogie adaptée aux personnes sourdes mise au point par une auto-école d’Orléans

L’association APEDA-BFC, a organisé une session de formation intensive au code de la route à destination de stagiaires sourds. Conduire, c’est pour eux aussi acquérir de l’autonomie, mais l’examen reste quasi inconciliable avec leur handicap.

ffet secondaire mais essentiel de ce stage de formation intensive au code de la route : profiter de la chaleur du groupe. Sans se sentir exclus, sans se sentir différent. Sentiments trop partagés par les jeunes sourds.

À la maison de la famille, l’APEDA (centre de ressource pour la perte d’audition et la surdité à tout âge de la vie), au départ association de parents d’enfants sourds, organise une formation au code de la route. Parce que décrocher le code, quand on est sourd relève de l’exploit. « Ils le passent souvent dix ou douze fois et cela un coût évidemment », note Christine Singh, déléguée régionale de l’association.

« Une formation spécifique pour les personnes en situation de handicap cognitif ou moteur »

Elle a déniché l’entreprise rare capable de rendre cet apprentissage possible. Adrien Ardon dirige une auto-école à Orléans, « j’ai développé une formation spécifique pour les personnes en situation de handicap cognitif ou moteur. Les personnes sourdes compensent par une acuité visuelle, qui est certes avantageuse pour la conduite, mais elles regardent les images dans leur globalité et ne peuvent pas focaliser sur les détails », explique-t-il.

Or l’examen du code de la route s’appuie sur la lecture d’images qui montrent des situations de conduite, elles sont le support aux questions affichées en bas de l’écran. Pour répondre il faut regarder tous les détails de l’image.

Un système de codes

« Les jeunes sourds ne font pas non plus la différence entre une image d’illustration et une image d’analyse », poursuit le formateur, lui-même formé à la langue des signes.

« J’ai donc développé avec un ergothérapeute un système de codes qui leur permet d’abord de faire cette différence et d’approfondir la lecture d’image. Ensuite ma pédagogie s’appuie sur l’interactivité. »

Le permis de conduire est outil d’autonomie

Il n’en dit pas plus sur les ressorts de cette méthode dont il garde l’exclusivité, mais sa capacité à signer rend les explications fluides. Car Hocine, Riday, Rémi, le soulignent, « souvent l’interprète ne venait pas durant les cours ! ». Or pour eux aussi le permis de conduire est outil d’autonomie, de liberté, de vie semblable à celle de tous les jeunes. La motivation est décuplée. Ensemble, ils ont déjà travaillé durant 15 jours en juillet. Cette semaine complète leur apprentissage et vendredi les dix stagiaires de cette cession passeront l’examen.

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