[ PORTRAIT NOETOMALALIEN ] #2/6

VERONIQUE : “Je suis née sourde, mes parents et ma famille sont sourds. Mes parents ont vécu longtemps ici. Quand j’étais petite, j’ai été scolarisée à l’Amical Foyer, et j’y ai grandi. De nos jours, je constate que l’éducation a beaucoup évolué par rapport à mon époque. Par exemple, les enfants venant de l’école bilingue sont très avancés dans la langue des signes, alors que ce n’était pas mon cas. Je suis impressionnée de les voir signer aussi aisément. Quel contraste !
J’ai de bons souvenirs de mes déplacements sportifs quand je faisais du volley.
Quand j’étais jeune, je participais aux matchs de volleyball. J’en garde beaucoup de bons souvenirs ainsi qu’au foyer, notamment les rencontres.
Actuellement, les activités de la communauté sourde s’orientent plutôt vers la culture. Elle est de plus en plus répandue, ce qui m’a permis de faire beaucoup de découvertes, et je continue à apprendre plein de choses. Pour autant, je n’oublierai jamais mes trois victoires lors du championnat de France de volleyball. J’ai eu l’espoir qu’il y aurait une transition aux futurs générations, ce qui n’est pas le cas. Malgré ce déclin, ces souvenirs avec mon équipe de volley sont précieux pour moi. J’en ai aussi d’autres, en dehors du sport, avec mes proches sourds.”
Richard : “D’origine espagnole, je suis né entendant à Castres. A quatre ans et demi, je suis devenu sourd suite à la prise de médicaments inappropriés. Ma famille a emménagé à Toulouse et j’y suis resté depuis. Le foyer n’existait pas avant. Par chance, je participais aux Boules Lyonnaises, alors je plongeais au fur et à mesure dans les activités culturelles. En parallèle, je m’entrainais au football avec les entendants, et avec les sourds qui n’étaient pas encore dans le club de sourds. Puis, comme certains sourds étaient de plus en plus intéressés, nous nous sommes rassemblés. C’était vraiment motivant, parce que nous nous déplacions pour les rencontres, ce qui est un grand avantage pour les sourds. En tant qu’ancien commissaire du club de foot à l’époque, nous n’avions pas accès à la technologie, on gérait toute la paperasse à la main. Aujourd’hui, la technologie a évolué, ce qui rend les choses plus simples.”

Realisation & Photo credit : Laure Abdelmoumeni & Sylvanie Tendron

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