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30 ans de prison pour le meurtre de sa compagne

Ne supportant pas qu’elle le quitte, Jérôme, sourd et muet, avait brûlé vive Johanna le 28 juillet 2016.

« Pourquoi t’as tué maman ? Pourquoi t’as tué maman ? » Cette question, la fille de la victime, aujourd’hui âgée de 12 ans, l’a posée plusieurs fois à son père, sourd-muet, via une vidéo en langue des signes projetée en salle d’audience de la cour d’assises de l’Essonne ce lundi, qu’elle a tourné en langue des signes.

Le 28 juillet 2016, son père a versé de l’essence sur sa compagne avant de l’enflammer avec un briquet dans le garage de leur pavillon. Ce lundi soir, Jérôme, 37 ans, a été condamné à la peine de 30 années de réclusion criminelle pour ce meurtre par conjoint. Un verdict qui va au-delà des 28 ans requis par l’avocat général. L’accusé a également été déchu de son autorité parentale.

Johanna, 29 ans, avait annoncé à son compagnon qu’elle le quittait, ne supportant plus sa jalousie maladive et les violences qu’il lui faisait subir. Violences dont ont également témoigné ses deux précédentes compagnes. « J’ai plaidé une centaine d’affaires. Je n’ai jamais vu une affaire pareille, assure Me Bettcher, avocat des parties civiles. C’est atroce de faire ça à la mère de ses enfants. »

L’accusé : « Je regretterai toute ma vie »

Durant le procès, l’accusé a reconnu avoir aspergé sa compagne d’essence et avoir allumé le briquet. Mais il maintient que c’était pour lui faire peur et qu’il a été surpris par les vapeurs d’essence qui se sont enflammées alors qu’il se tenait à distance de la victime. « Quatre experts affirment sans détour qu’elle était inconsciente à ce moment-là, insiste l’avocat général. Dès lors, il est impossible qu’il veuille lui faire peur. Il voulait la tuer. »

« Oui, il y a intention homicide, reconnaît l’avocate de la défense, Me Berrebi Amsellem. C’est un crime passionnel. Il y a de l’amour, de la dépendance et de la souffrance. 20 ans serait une peine juste. » Sitôt le verdict connu, elle a annoncé que son client fera appel de cette décision : »Il n’a pas été tenu compte de ce qu’il est, de ce qu’il a vécu enfant », regrette l’avocate.

Lisant un texte qu’il a préparé, l’accusé s’est longuement excusé auprès de la famille et de ses enfants. « Maintenant, j’ai conscience que je suis responsable de la situation. J’ai enlevé sa vie, c’est vraiment grave. Je demande pardon. Je regretterai toute ma vie. J’ai été très égoïste. Je suis navré d’avoir privé les enfants de leur mère. Je ne sais pas s’ils me pardonneront un jour. J’implore mon pardon. J’ai honte. »

Source
http://www.leparisien.fr - 1 Juillet 2019
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