La main des sourds

50 personnes venues pratiquer la langue des signes

A l’initiative d’Aurore, malentendante, et Stéphanie, entendante, un premier “café-signes” s’est tenu samedi à Joigny. Le but, pratiquer la langue des signes, en se faisant rencontrer entendants, et sourds ou malentendants.

Autour d’Aurore et Stéphanie, une cinquantaine de personnes étaient réunies au QG à Joigny pour le premier café signes

Un rendez-vous mensuel pour apprendre la langue des signes. Voilà ce que proposent en ce début d’année Aurore et Stéphanie. La première est malentendante. La deuxième ne l’est pas, mais cette assistante maternelle de Joigny a eu un déclic pour apprendre la langue des signes : “j’accueille une petite qui est malentendante, et sa maman qui est malentendante aussi m’a demandé si je pouvais apprendre la langue des signes. Donc j’ai dit ok, et maintenant je le fais avec tous les enfants que je garde. Ils savent tous signer au moins les bases“, se réjouit Stéphanie, qui a suivi une formation de 30 heures pour apprendre les rudiments.

Démocratiser la langue des signes

La maman dont parle Stéphanie, c’est Morgane. Elle est venue à ce premier café-signes, et elle est ravie de voir l’élan que cela a suscité, puisqu’au final, c’est une cinquantaine de personnes qui sont venues participer à cette première réunion : “les regroupements sont pas assez nombreux, donc heureusement qu’il y a des initiatives comme celles-là pour favoriser les regroupements, et le partage de la langue des signes“. 

L’autre organisatrice, c’est donc Aurore. Cette aide-soignante de 33 ans est malentendante de naissance. Elle a appris la langue des signes, mais elle regrette de ne pas pouvoir plus la pratiquer. A part l’école pour sourds d’Auxerre, il n’y a pas de cours proposés dans l’Yonne regrette la jeune femme : “avant on avait des cours grâce à une association, mais ce n’est plus le cas. Donc je me suis dit pourquoi pas organiser un café comme celui-là“, en premier lieu explique-t-elle pour essayer de ramener les personnes sourdes et malentendantes de la région, qui peuvent avoir tendance à “rester dans leur nid“, comme elle dit.

Car pour les deux femmes l’apprentissage de la langue des signes ne pourra se faire que par le partage entre entendants et malentendants, “pour ne pas qu’il y est de différence”, selon Aurore, qui craint que la langue des signes finisse par disparaitre, faute de pratique. “Dans les écoles, on apprend les langues étrangères, pourquoi pas la langue des signes françaises ?”

Un rendez-vous par mois

Je ne veux pas que ça disparaisse !, clame Aurore. Je veux qu’on soit connu, qu’on se batte.” La motivation est là, surtout vu le succès de ce premier café-signes à Joigny. Aurore et Stéphanie veulent en proposer un par mois à Joigny, et un par mois à Sens. Aurore aimerait également dans un futur proche proposer des ateliers à destination des enfants, où se mélangeraient là aussi entendants, et malentendants.

Le prochain café-signes se déroulera le samedi 26 janvier de 10h à 12h au restaurant La Boucherie à Sens.

Source https://www.francebleu.fr - 19 Janvier 2019 à Joigny

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