Le Montpelliérain Mickaël Bloyet, sourd et surtout fou… de l’ultra-trail de la Réunion

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Le Montpelliérain prend le départ, ce jeudi 18 octobre au soir, de la Diagonale des fous, une course de 165 km sur l’île de La Réunion. L’une des plus dures au monde.

Il y a côtoyé, mercredi sur le podium de présentation des favoris, Antoine Guillon, François Dhaene ou Benoît Girondel, les trois derniers vainqueurs de l’épreuve. Mickaël Bloyet, dossard 148, qui prendra le départ ce soir de la Diagonale des fous, une course de 165 km et 10 000 m de dénivelé sur les chemins infernaux de l’île de La Réunion, ne vise pourtant pas la victoire.

L’objectif du Montpelliérain, 46 ans, c’est juste « franchir la ligne d’arrivée. Mais aussi de prendre du plaisir et de profiter de l’environnement, de cette ambiance si particulière ici », écrit-il depuis Saint- Denis de La Réunion.

« Sourd… Et alors ? » 

Si “Mika” a bénéficié des honneurs de l’organisation, comme ses deux camarades du team “Deaf fous”, c’est parce qu’il ne sera pas un coureur tout à fait comme les autres dans cet imposant peloton de 2 600 ultra-traileurs.

Il est atteint de surdité profonde. « Sourd… Et alors ? », balaye-t-il dans un grand sourire, avant de développer : « Je suis une personne “normale”, comme tous les humains, sauf que mes oreilles ne fonctionnent pas. Dans un trail, ce n’est pas un souci, on peut communiquer autrement en faisant des gestes ou des mimes. »

Son handicap ne l’a pas empêché, en effet, de boucler en 2016, le marathon des Sables, une course à étapes de 250 km dans le désert sudmarocain. Et s’il a dû abandonner l’an dernier après 80 km lors de sa première participation sur la Diagonale, c’est parce qu’il a ressenti des palpitations. Mais parce que Mickaël, directeur du centre de formation de langue des signes Visuel LSF quand il ne court pas, est un homme de défi, il a fait le choix de revenir cette année.

Je crains d’être malade, d’avoir un pépin physique ou d’être rattrapé par les barrières horaires

« J’aime le dépassement de soi, voir où sont mes limites. Et je sais que je ne les ai pas atteintes sur cette course, alors je devais revenir. » Ce qu’il redoute sur ce parcours qui empreinte les cirques escarpés de Cilaos et de Mafate, obligeant généralement la moitié des participants à renoncer, ce n’est donc pas une difficile communication avec les autres sportifs ou les bénévoles sur les ravitaillements, mais « les aléas de la course et ils peuvent être nombreux. Je crains d’être malade, d’avoir un pépin physique ou d’être rattrapé par les barrières horaires (des points de contrôles, NDLR). Après, j’adore la chaleur. »

Surtout, Mickaël ne manque pas de sources de motivation. Sa femme, d’abord, qu’il veut remercier pour le soutien et les sacrifices consentis durant les périodes d’entraînement. Son coach ensuite, son ami Yan, triathlète et sourd lui aussi, qui l’a convaincu en 2012 de passer du semi-marathon aux courses longue distance. Antoine Guillon, aussi, le champion héraultais qui lui a proposé d’intégrer son team Globe traileurs pour l’occasion, « une proposition inimaginable dont je suis très fier ». Surtout, conclut “Mika”, « quel que soit mon chrono, j’espère bien être le premier sourd… fou ». Cette douce folie qui réunit tous les ultra-traileurs.

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