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Ecole d’enseignement mixte : Enfants sourds et normaux formés dans la même classe à Biabou

Dopo Ange Kadi, un des élèves de Sanogo Ibrahim, qui maîtrise déjà la langue des signes, s’estime chanceuse de savoir communiquer avec ses amis sourds rien qu’en faisant des signes de la main.

Ecole d’enseignement mixte : Enfants sourds et normaux formés dans la même classe à Biabou

Sanogo Ibrahim n’est pas né sourd-muet. Et pourtant, il maîtrise le langage de ces personnes en situation de handicap. Avec dextérité, il communique avec des signes de la main pour se faire entendre ou se faire comprendre, à l’image des sourds-muets.

Ce moyen de communiquer dont se réjouit le jeune étudiant, en année de faculté de droit, lui a été enseigné par sa grande sœur née malentendant.  Déterminé à partager son savoir et à porter assistance aux sourds-muets, Sanogo Ibrahim, dit s’être engagé, de façon bénévole, dans un centre qui dispense des cours à des enfants normaux, et ceux frappés de surdité.

Une visite dudit centre, situé à Abobo, au quartier Biabou, nous a permis de voir l’abnégation et la patience dont lui et ses collègues font preuve pour former et instruire ces enfants sourds-muets par des images et des gestes bien maitrisés.

L’accès au centre Cecalpha n’est pas du tout facile.  Pour y arriver, il faut traverser une voie caillouteuse avant de déboucher sur un quartier précaire dont la vétusté et l’état de délabrement avancé des maisons donne une idée de la situation économique des habitants.

Six bâtiments, du Cp1 au Cm2, servent de salle de classe pour l’apprentissage de ces élèves sourds-muets et normaux. Assis quatre par tables-bancs, les apprenants reçoivent les cours dans des salles mal éclairées, aux murs défraichis et écaillés par endroits.

Sanogo Ibrahim, en charge de la classe de Cp2, nous confie que les enfants souffrant de surdité sont aussi déterminés que ceux en possession de toutes les facultés. Il a toutefois regretté qu’après des années scolaires couronnées par des diplômes et autres certificats, les enfants sourds-muets, peinent à s’intégrer dans la vie socio-professionnelle.

Cette réalité, loin de diluer ses ardeurs, l’a poussé à adhérer au projet de Gueye Monsé, président de Cecalpha, d’enseigner dans une même classe, des enfants sourds-muets et normaux. Aujourd’hui, il se dit très heureux de voir des enfants n’ayant aucune anomalie lire et écrire.   « Nous dispensons les cours de façon académiques avec les manuels scolaires du ministère de l’Education nationale. Contrairement aux enfants normaux, les sourds-muets, les plus minoritaires, sont recensés avant les inscriptions. Ils sont ensuite initiés au langage des sourds durant six (6) mois avant d’être insérés dans des classes des enfants qui entendent et parlent bien », explique-t-il.

Dopo Ange Kadi, un des élèves de Sanogo Ibrahim, qui maîtrise déjà la langue des signes, s’estime chanceuse de savoir communiquer avec ses amis sourds rien qu’en faisant des signes de la main. « Je suis contente d’avoir appris le langage des signes ce qui me permet de mieux m’amuser avec mes amis et on se comprend », se réjouit-elle.

N’Guessan Aya Solange institutrice au Cp1, se réjouit que cette formation en langue des signes lui a permis d’avoir un plus dans son cursus.  « Apprendre le langage des signes ajoute une plus-value à ma formation d’institutrice, en enseignant nos enfants dans ce langage nous nous formons aussi surtout qu’ils sont notre fierté », s’est-elle satisfaite.

Source https://www.fratmat.info - 27 Avril 2018
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