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Hauts de Seine Habitat

« Il faudrait adapter les formations à la surdité »

François Huault, père de Cyrus, sourd profond Cyrus a 22 ans. Nous avons toujours voulu qu’il soit autonome. Mais sa scolarité a été assez hachée. Il se trouve en difficulté dès qu’il sort du champ de l’accompagnement spécialisé. Il a eu son bac S et en ce moment, il est dans une formation où ça se passe très mal. Il va arrêter. C’est un vrai échec humain.

Je ne dis pas que l’école n’a pas fait d’effort. C’est une responsabilité partagée. ­Cyrus a son caractère. Mais il est le seul sourd parmi 60 élèves. Quand il se retrouve avec quatre heures de cours consécutifs, il décroche. La lecture labiale est épuisante et suivre un cours avec un interprète en langue des signes, c’est toujours compliqué.

Nous sommes confrontés à des écoles qui veulent faire de l’inclusion avec de la bonne volonté, mais sans en avoir ni les moyens ni les connaissances. C’est à l’élève de se débrouiller.

On ne peut pas se contenter d’être dans l’affichage pour être inclusif. Il faut que l’organisme de formation se pose la question des modes de communication qu’il propose aux étudiants. Faire seulement de l’accueil, cela ne fonctionne pas.

Dans l’idéal, pour Cyrus, il faudrait qu’on multiplie les modes de communication adaptés à sa surdité, avec beaucoup de visuels et des cours en petits groupes.

Finalement, Cyrus va entamer une formation courte l’an prochain dans une école spécialisée. On s’est éloignés de sa volonté de départ d’être dans une filière inclusive. Mais il veut s’en sortir et réussir. C’est pour cela que l’on essaie de l’accompagner. On veut éviter qu’il revive un échec. »

Source La Croix - le 03/05/2018
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