Le Pélican ouvre un centre-école pour sourds

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Après quatre mois d’absence, Ariane Hiriart, fondatrice de l’ONG Le Pélican, est retournée en Afghanistan où elle vient d’ouvrir un centre dédié aux sourds et muets.

Dès que la capitale afghane est meurtrie par un attentat – et cela a encore été le cas lundi avec deux explosions, actions revendiquées par l’État islamique et ayant fait au moins 25 morts –, Marie-Laure Billet appelle dans la foulée sa sœur, Ariane Hiriart, pour avoir de ses nouvelles et s’assurer qu’elle n’a pas été blessée.

Le double attentat du 30 avril a eu lieu au cœur de Kaboul, assez loin du quartier périphérique où se trouve Le Pélican, ONG fondée par Ariane et son mari, Jacques, décédé en 2013. La sécurité est une contrainte quotidienne pour cette Alsacienne qui avait dû précipitamment quitter l’Afghanistan fin 2017, exfiltrée par les services de sécurité de l’ambassade française ( L’Alsace du 18 octobre 2017).

Elle a pu, en janvier dernier, retrouver les locaux du Pélican qui emploie près d’une cinquantaine d’Afghans et accueille quelque 370 enfants, adolescents et adultes, tous issus de la communauté chiite hazara. L’association leur offre le repas du midi et une instruction variée : cours de dari, d’anglais, de maths, de sport… Les femmes peuvent apprendre à lire, à écrire, à coudre.

Habib, le boulanger formé par Jacques

Après quatre mois de fermeture, Le Pélican a donc pu redémarrer son activité avec le retour d’Ariane. Cette dernière a concrétisé son projet de créa-tion d’un centre dédié aux sourds-muets qui reçoit près de 90 jeunes et adultes, du jardin d’enfants jusqu’aux portes de l’université. « Ils seraient plus de 40 000 dans le pays » , rappelait Ariane dans l’article d’octobre dernier. La pathologie est due à la fois aux mariages consanguins, mais aussi aux effets des explosions ou aux maladies infantiles mal soignées.

Cela fait près de deux décennies que le couple Hiriart a posé les pieds en Afghanistan. Une telle longévité permet aujourd’hui à Ariane de croiser des adultes qu’elle a connus alors qu’ils étaient des enfants. À l’image de Habibullah, l’apprenti boulanger âgé de 22 ans, qui avait été formé par Jacques. Dans une récente « lettre » adressée aux adhérents du Pélican, Ariane évoquait justement un dialogue entre elle et ce jeune Afghan. « Le Pélican m’a sorti de ma misère , lui confiait-il. En me donnant une bonne éducation et plus tard la possibilité d’apprendre un métier, j’ai eu enfin l’espoir d’une vie meilleure pour moi et ma famille. » Habib est boulanger et avait précédemment participé au projet de Jacques de créer un café au cœur de Kaboul. Son rêve est désormais de renouveler l’expérience une fois que la paix aura gagné le cœur des Afghans. Pour Ariane, « l’histoire de ce garçon rejoint les dizaines d’autres récits de ces jeunes dont la vie transformée prit un jour l’allure d’une véritable résurrection »

AIDER L’ONG n’est pas subventionnée par une collectivité et ne fonctionne que grâce aux dons. L’association Récolte actuellement des fonds pour améliorer le centre pour sourds-muets. Le Pélican, 7 rue du Traminer, 68000 Colmar ; courriel : asso.le.pelican@gmail.com

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