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Une conférence en langue des signes, comme “un pont entre deux mondes”

Le public est invité, samedi à Dax, à découvrir le témoignage de Victor Abbou. Une première dans les Landes

La conférence qui se tient samedi, à 19 heures, à Dax (salle n°1 des Halles, place Roger-Ducos, entrée gratuite.) est exceptionnelle. À plus d’un titre. L’invité, d’abord : Victor Abbou, une figure emblématique et majeure de la communauté sourde. L’auteur vient présenter son autobiographie « Une Clé sur le monde ». Né sourd, il a découvert la langue des signes à l’âge de 9 ans. Un témoignage intimiste, teinté d’un discours militant, d’un auteur qui a embrassé une carrière de comédien.

Enseignant en université, il a également été l’un des piliers, avec l’actrice Emmanuelle Laborit, de l’IVT (International visual theatre), une troupe de théâtre mêlant entendants et sourds autour de la langue des signes. Le théâtre a été, pour lui, une révélation.

Deux interprètes pour traduire

Demain, le grand public est invité à rétablir une communication encore trop brouillée. Une conférence qui se veut être un « pont entre deux mondes », souligne Cathy Mazzer, présidente de l’association dacquoise Des Mains et des signes, organisatrice de la manifestation.

Les gestes de Victor Abbou seront relayés en direct par deux interprètes pour permettre au grand public d’entendre une parole, certes muette, mais pas pour autant silencieuse.« Une première dans les Landes », souligne la présidente de l’association, grand-mère d’un petit-fils, né sourd.

Le parcours et la vie de Victor Abbou permettent notamment de retracer l’histoire des sourds et les différentes étapes du « Réveil des sourds », cette période de résistance apparue dans les années 1970. Jusqu’en 1980, la langue des signes était interdite, marginalisée. « Une histoire méconnue, selon Cathy Mazzer. L’objectif est de faire découvrir au grand public et permettre un échange. Qu’ils entendent que les personnes sourdes existent à côté d’eux. C’est toujours les sourds et malentendants qui doivent s’adapter, il faudrait que l’inverse soit vrai. »

Selon elle, le chemin est encore long pour les 6 millions de personnes sourdes et malentendantes en France. « L’accès est difficile, notamment pour les questions administratives. Mais aussi pour les études. » Il reste encore rare, par exemple, qu’un interprète soit présent dans les services publics.

C’est ce pourquoi milite l’association Des Mains et des signes, créée à Dax en 2014. Elle œuvre surtout au développement de la langue des signes, à travers des activités pédagogiques, éducatives et de sensibilisation.

« Il est indispensable de créer un lien pour faire avancer les choses, précise Cathy Mazzer. Ce n’est pas que les gens entendants ne veulent pas. C’est qu’ils ne savent pas. »

Source http://www.sudouest.fr - 16 Mars 2018 à Dax
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