La main des sourds

Le rêve accessible de Yasin Celik

Un Nancéien de 24 ans, atteint de surdité, a réalisé un court-métrage dans lequel il échange en langue des signes avec des footballeurs professionnels de l’AS Saint-Etienne. Le film concourt au Nikon Film Festival.

Il voue une grande passion pour le foot et le cinéma. Sourd, Yasin Celik a décidé de concrétiser ses rêves, avec la volonté farouche de dépasser son handicap.

A 24 ans, le Nancéien originaire de Sochaux, ancien élève de l’Institut des sourds de Jarville-la-Malgrange, s’exprime exclusivement en langue des signes. Après avoir participé à la 7e  édition du Nikon Film Festival en 2017, en mettant en scène son ami footballeur, l’ancien attaquant messin Mevlüt Erding, Yasin Celik a réalisé un nouveau court-métrage de 140 secondes en lice dans le prestigieux concours 2018. Intitulé « Je suis un rêve accessible », le petit film a été tourné au centre d’entraînement et dans les vestiaires de l’Association sportive de Saint-Etienne. « Je rêve d’avoir une chance d’être repéré et d’être appelé pour un casting pour prouver mes capacités », explique celui qui a pris l’habitude de se rendre dans les clubs de football professionnels, comme l’AS Nancy Lorraine, afin d’initier les joueurs à la langue des signes et de mettre des vidéos humoristiques en ligne sur sa page Facebook « Cynhumour ». Dans l’une d’entre elles, il s’est amusé à apprendre aux joueurs de l’Inter de Milan à dire « Forza Inter Milan » en langue des signes.

« J’ai toujours aimé ce sport populaire qu’est le football. La vie a voulu que Mevlüt Erding et moi devenions de très bons amis », confie Yasin. « Il m’a invité à beaucoup de ses matchs et m’a fait rencontrer énormément de joueurs de différents clubs dont ceux de l’AS Saint-Etienne où il a joué ». Pour sa deuxième participation au Nikon Film Festival, Yasin a sollicité les footballeurs professionnels Stéphanois Kevin Théophile-Catherine et Florentin Pogba qui ont accepté d’apparaître dans son court-métrage dans lequel ils échangent en langue des signes. « Je suis un rêve accessible » montre que le handicap n’est pas un obstacle pour concrétiser son rêve. « Il y a tellement de domaines dans lesquels les personnes sourdes se voient refuser l’accès que j’avais envie de combattre cette inégalité à ma manière, avec humour, en montrant qu’il ne faut jamais baisser les bras ». Les internautes peuvent voter pour son court-métrage jusqu’au 8 février, en cliquant « Soutenir le film » sur www.festivalnikon.fr.

Source https://www.estrepublicain.fr - 1 Février 2018

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