La main des sourds

Trois questions pour comprendre – La culture sourde

André Thibeault

Chargé de cours,

Faculté d’édu­ca­tion

Univer­sité d’Ot­tawa

1) À partir de quand a-t-on commencé à évoquer la « culture sourde » ?

Ça a commencé avec l’uti­li­sa­tion du terme « Sourd » avec la majus­cule initiale (S) dont l’exis­tence remonte seule­ment aux années 1970 et non celle de la minus­cule initiale (s) qui existe depuis fort long­temps, qui ne décrit que le handi­cap.  D’abord, le mot Sourd avec un (S) majus­cule est une conven­tion acadé­mique adop­tée par l’Uni­ver­sité Gallau­det à Washing­ton D.C. pour dési­gner ceux qui font partie de la commu­nauté linguis­tique et cultu­relle des Sourds qui utilisent la langue des signes.

2) Que regroupe cette culture et quelles sont ses parti­cu­la­ri­tés ?

Comme dans n’im­porte quelle mino­rité, l’em­phase est forte­ment mise sur les liens fami­liaux et sociaux, lorsque les membres de la famille sont de la même culture ou de la même commu­nauté. On a fréquem­ment observé que les Sourds se tiennent souvent en groupe à parler long­temps, par exemple après la fin d’une récep­tion ou après que le restau­rant se soit vidé. Une raison certaine à cela est que les Sourds se plaisent en compa­gnie d’autres personnes sourdes qui partagent le même esprit. Ils sentent qu’ils reçoivent support et confiance d’autres Sourds qui partagent les mêmes croyances et atti­tudes cultu­relles.

3) Est-elle liée à un senti­ment d’ap­par­te­nance commu­nau­taire et comment cela se retrans­crit-il dans le quoti­dien d’une personne sourde ?

Une personne sourde peut avoir un senti­ment d’ap­par­te­nance à la commu­nauté Sourde suite à une expé­rience néga­tive avec un.e ensei­gnant.e en salle de classe.  Il/Elle peut s’iden­ti­fier aux premiers élèves des insti­tu­tions pour sourds qui, eux aussi, ont été maltrai­tés. Les personnes sourdes peuvent se dépla­cer d’une région à une autre et s’in­té­grer à une nouvelle commu­nauté avec une rela­tive faci­lité.  Elles apportent avec elles un bagage cultu­rel qui leur permet­tra d’éta­blir de nouveaux liens commu­nau­taires et de décou­vrir les problèmes parti­cu­liers et les façons de faire de la nouvelle commu­nauté. C’est pourquoi il existe plusieurs commu­nau­tés Sourdes diffé­rentes au Québec, mais il n’y a qu’une seule culture des Sourds québé­cois dont les membres vivent dans des commu­nau­tés diffé­rentes.

Source http://www.larotonde.ca - 7 Mars 2018

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