L’accessibilité progresse trop lentement

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Laëtitia Morvan, vice-présidente du comité des sourds de Brest, et Sylvie Thomas, présidente du comité quimpérois.

Les trois associations de sourds du Finistère ont tenu leurs assemblées générales à Quimper, samedi. Les chantiers pour améliorer l’accessibilité des sourds à la vie publique restent énormes. Les associations vont fusionner pour être plus efficaces. 

L’Association des sourds de Brest, l’Association des sourds de Cornouaille et le Collectif des sourds du Finistère ont tenu, samedi, à l’Espace associatif de Quimper, leurs assemblées générales respectives. Cette réunion des trois assemblées préfigure une fusion des trois structures pour l’an prochain, les effectifs ayant diminué dans les associations. Entretien avec l’aide de Laure Boussard, interprète de la langue des signes.

Un recensement difficile

Sylvie Thomas, la présidente quimpéroise, reconnaît qu’il est difficile de préciser la population de sourds dans le département. « On avance le chiffre de 4.000 sourds en Bretagne », ajoute Laëtitia Morvan, vice-présidente de l’association brestoise. Le recensement est d’autant plus difficile qu’il faut aussi faire la part avec les déficients auditifs, souffrant par exemple d’une perte de l’audition qui peut arriver avec l’âge. « Tout le monde est bien sûr bienvenu dans nos associations, dit Sylvie Thomas, mais, en général, les déficients auditifs ne veulent pas être associés aux sourds car ils n’acceptent pas leur situation ».

« Nous ne sommes pas handicapés »

Les deux femmes regardent d’ailleurs avec circonspection les appareillages médicaux qui peuvent être utilisés dans certains cas. « Nous ne sommes pas handicapés, nous sommes sourds, nous ne demandons pas d’avoir des implants, nous allons bien et nous avons une vraie langue pour échanger », dit Laëtitia Morvan.

La pratique de la langue des signes pourrait donc être une « porte d’entrée », ce qui d’ailleurs implique que les personnes qui n’ont pas de problème d’audition peuvent aussi apprendre et participer.

La télévision en retard

Les débats ont porté, samedi, sur des revendications récurrentes. « Il y a toujours un problème d’accessibilité à la télévision, dit Sylvie Thomas. Les sous-titrages, quand il y en a, sont souvent difficiles à lire, décalés. Quand on voit des interprètes à l’écran, ils sont dans un petit médaillon alors que dans certains pays la taille est inversée avec l’orateur ». Les sourds constatent que beaucoup d’émissions ne sont pas accessibles. « Ce fut le cas pour la campagne à l’élection présidentielle. Il n’y avait ni sous-titres, ni traduction des débats entre candidats, constate Sylvie Thomas. Pourtant, nous sommes des citoyens comme les autres et nous voulons de l’information. D’ailleurs, la loi de 2005 prévoyait 100 % d’accessibilité ».

Des progrès lents

Globalement, les militants associatifs constatent que les progrès sont lents, dans l’éducation, la vie quotidienne. « Prenez cette réunion ce samedi. Pour accéder à la salle, il y avait une sonnette que l’on n’entend pas. Comment on fait ? Pourtant, il y a des systèmes peu coûteux, comme le flash lumineux, qui existent ». Enfin, l’association constate qu’il manque aussi des interprètes. Dans le Finistère, ils seraient une demi-douzaine (deux à l’Amicale des sourds du Finistère, trois à l’Union d’associations de parents d’enfants déficients auditifs et un indépendant).

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