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Hauts de Seine Habitat

Des lycéens sont initiés à la langue des signes en Mayenne

Depuis 2010, les élèves en bac pro services aux personnes et aux territoires du lycée Rochefeuille sont formés à la langue des signes. Objectif : maîtriser les rudiments pour communiquer avec les personnes sourdes. Reportage.

Mardi 23 janvier, 10 h 10, la cloche sonne au lycée Rochefeuille. Quatorze élèves de 1re bac pro services aux personnes et aux territoires (Sapat) entrent en classe. « Allez-y, on met les tables en « U », car on ne peut pas signer en tournant le dos à son interlocuteur », leur lance leur professeure, Nacera Benyounes. Depuis 2010, elle enseigne la langue des signes française (LSF) à une cinquantaine d’élèves de cette filière, chaque année. En un rien de temps, la salle est prête et le silence se fait, hormis quelques murmures.

L’enseignante interpelle par ses gestes et expressions l’une des élèves qui vient au tableau, sans un bruit. Le dialogue se noue, mais difficile pour le profane d’y comprendre quelque chose. L’exercice prend fin et les lycéennes semblent applaudir en agitant les mains. « En fait, je lui ai demandé de se présenter en épelant son nom en alphabet dactylologique (où chaque lettre correspond à un signe, NDLR) et je lui ai posé quelques questions. Comme il s’agit d’une initiation en 1re, on échange uniquement en face-à-face pour qu’elles aient les bases de communication. »

« Mimiques importantes »

L’une après l’autre, les élèves se présentent ainsi, parfois avec quelques hésitations, mais toujours très concentrées. Après leur avoir montré quelques mots, c’est l’occasion pour Nacera Benyounes d’approfondir cette langue « composée de différents paramètres – la forme de la main, son emplacement, le mouvement ou encore l’expression du visage. Si j’en change un, je change le sens du signe. » Comme « content » et « mal au coeur » qui sont très proches. « Les mimiques sont très importantes, ce qui fait que deux sourds de pays différents communiquent facilement, bien que leur langue des signes soit différentes. »

Et justement, pour les lycéennes, cette initiation n’a que du bon « C’est utile car plus tard, on va travailler dans le domaine du social ou de la santé », lance du tac au tac Amina. Sa camarade Jennifer trouve ça « génial ! On apprend une nouvelle langue qui nous permet de communiquer avec les sourds. C’est à cause de la LSF que j’ai choisi d’aller à Rochefeuille », comme d’autres lycéennes de la classe qui acquiescent.

« Un atout professionnel »

En 1re Sapat, il s’agit d’une initiation d’une heure par semaine, dans le cadre des enseignements à l’initiative de l’établissement. Mais l’an prochain, en terminale, les lycéennes consacreront deux fois plus de temps à la langue des signes française, dans le cadre d’un module d’adaptation professionnel. Et lui compte pour le bac.

L’enseignement comprend aussi un volet concernant les malentendants. « On les sensibilise à la communication avec ces personnes qui ne signent pas, indique la professeur de langue des signes française. Il faut parler doucement en s’appuyant sur l’expression du visage et sur le regard, qui est très important. »

« On leur remet ensuite une attestation d’initiation, précise Nacera Benyounes. C’est un atout professionnel, car ces élèves vont ensuite travailler pour des employeurs qui doivent être aux normes d’accessibilité depuis la loi de 2005. »

Source http://jactiv.ouest-france.fr - 27 Janvier 2018
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